6 kilomètres à pieds, ça use, ça use…

Vendredi matin, programme chargé. Rendez-vous à 8h avec Roger et Mandy, mes australiens, pour un petit déjeuner épicé… Je rentre à l’hôtel pour essayer de régler mon histoire d’eau chaude que je n’ai pas réussi à faire la veille. Pur bonheur, le chef s’y est mis je peux donc prendre une vraie douche indienne avant de prendre mon bus. Je dois être au pensionnat en début d’après-midi mais mon objectif est d’y être pour le déjeuner histoire de profiter une dernière fois des fameux mets de ma cuisinière préférée…

J’arrive juste à l’heure pour m’asseoir avec Angela et Janine… Elles en savent un peu plus sur le programme. Nous devons être prêtes en fin d’après-midi, un bus nous emmène à Madurai où nous passons la nuit avant d’aller « courir » le marathon samedi matin.

Il faut savoir qu’ici, on ne sait jamais l’heure du départ avant… le départ ! Tu dois être prêt à une heure précise qu’on te donne dans la matinée le jour J mais tu sais d’avance qu’on ne partira pas à cette heure-là. Mes copines néo-zélandaises disent qu’en Inde on est « regularly irregular » (régulièrement irrégulier). Leur petit jeu est de parier des bananes sur l’heure du départ.

Le rendez-vous est donné à 18h, nous partons à 19h30 ! Garçons et filles sont prêts. Ces derniers que je n’avais pas trop vus jusqu’à ce soir, veulent absolument que je m’asseye à côté d’eux au fond du bus… J’ai droit aux éternelles questions : native place, you brother ? sister ? etc… ça nous occupe tout le trajet. Que ces enfants sont gentils ! Le pensionnat leur donne des règles et des repères qui en font des petits extrêmement bien élevés et respectueux, c’est très agréable !

Après une petite heure de route à papoter avec mes nouveaux amis, nous arrivons à la « people’s academy » qui appartient à la Fondation Dhan. C’est un endroit tranquille, très reposant, ça change de tout ce que j’ai pu vivre jusqu’à maintenant… Première nuit calme depuis… Mon arrivée ? Oui je confirme, depuis mon arrivée !

23 janvier… Jour J. Le réveil sonne à 5h30 du matin. Au programme : départ à 6h30 pour Madurai, départ du Marathon à 7h30. En fait de marathon, c’est une course interscolaire à but humanitaire. Le parcours est de 6km à travers la ville et on a le choix de courir ou marcher. Il est marrant de voir tous ces élèves arrivant en uniforme pour soit disant courir. Aux pieds, je vois de tout : des talons, des tongs, des baskets et il y en a beaucoup pieds nus bien sûr. Vais-je y aller ou pas ?

L'equipe de choc
L'equipe de choc

Janine, Angela et moi décidons d’aller marcher… 6 kms à travers Madurai en 1h20. Pas très soutenu comme rythme mais avec la chaleur, c’était le maximum de ce que nous pouvions faire… L’organisation a plutôt fait place à de la désorganisation mais c’est l’Inde… Rien ne s’organise, tout se gère ! Imaginez des milliers d’enfants partir d’un point pour arriver à un autre sans personne pour baliser les 6 km. Bien sûr la circulation n’est pas arrêtée, tout le monde marche sur… la route, au milieu des camions, des 2 roues, des vaches, des chèvres, des spectateurs et autres moyens de transports non spécifiés…

Après avoir demandé 15 fois à Palpandi quand nous arrivions et qu’il nous a répondu 15 fois bientôt, nous arrivons sur un grand terrain vague aménagé en arrivée/kermesse/podium. Bien sûr nous avons droit à l’éternel Monsieur qui crie dans un micro pendant 2 heures avant la remise des prix (toujours volume au maximum sinon nous ne serions pas en Inde). Tout cela est difficilement supportable, ça me fatigue les oreilles, surtout quand c’est en tamoul (à 95% le cas !).

PXR_IMG_1389PXR_IMG_1378PXR_IMG_3789PXR_IMG_3791

Nous négocions assez rapidement d’aller prendre un petit déjeuner, histoire de nous sortir de cet enfer… Un petit Dosai au programme et la journée peut continuer.

Pour ma part, je quitte cette petite « famille » un peu triste mais je continue ma route, ainsi va ce voyage. J’espère vivre d’autres rencontres aussi fortes que celle-ci dans les mois à venir.

Je pars maintenant en direction de Kanyakumari, petite ville à la pointe sud de l’Inde… 6 heures de bus en perspective ! Comme d’habitude, tout le monde s’assure que je monte bien dans le bon bus et que je m’installe bien au milieu parce que c’est l’endroit le plus sécure… Mais qu’ils sont sympas ces indiens ! Plus les jours passent et plus je tombe sous le charme de ce pays et de ses habitants..

Après 3 semaines, je vous confirme que je ne regrette en aucun cas d’être partie en solitaire. Je pense que je suis plus ouverte à l’autre ainsi. Il m’arrive souvent de m’arrêter discuter 5/10 mn voire plus avec les gens qui le souhaitent et je ne m’en lasse pas : dans la rue, dans un restaurant, dans les bus, tous les lieux s’y prêtent et que c’est bon !

A très vite pour « Un dimanche à Kanyakumari »

More from Adeline

Caves Pommery, une visite qui dépayse

Dans le cadre du lancement de l'Oenopass Champagne, j'ai eu l'occasion de visiter...
Lire la suite

2 Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *