Iga, une jolie surprise de mon voyage au Japon

Il pleut à n’en plus finir ce jour-là à Iga. C’est mon dernier jour au Japon et pour la première fois je suis libre de me balader où je veux. Malheureusement ce n’est pas une journée à mettre un appareil photo dehors. Cette ville a pourtant tout pour faire de magnifiques photos de rue… Je suis un peu triste mais heureusement je suis accompagnée de Rudy qui parle japonais et a l’habitude de voyager seul lui aussi. A nous deux nous avons transformé notre demie-journée de liberté qui s’annonçait plutôt morose en une succession de moments uniques et fabuleux !

Authenticité et traditions à Iga

Ambiance zen dans un temple de Iga

Sanctuaire du temple de Iga Japon
La vache d'iga est elle aussi au temple

Après une visite de temple plutôt humide, nous décidons de nous arrêter boire un café. Alors que nous cherchions un endroit sympa dans la rue principale, Rudy m’arrête pour me montrer une petite boutique. A l’intérieur des tampons. Ici j’apprends que les japonais ne signent pas leurs documents officiels comme les contrats ou les factures mais ils les tamponnent. Cela s’appelle un Hanko. Chacun a le sien au Japon et il doit être enregistré auprès d’une banque pour qu’il devienne réellement officiel. Bon ben du coup je suis allée faire mon propre Hanko chez ce monsieur !

Une fois commandé, nous nous arrêtons au café voisin, un endroit typiquement japonais il parait : le café Wakaya – Très sympa. Ici Rudy demande au propriétaire ce qu’il nous recommande de faire, les curiosités du coin, des personnes à rencontrer… Il nous indique trois endroits : un biscuiterie où sont fabriqués des biscuits que l’on doit casser avec un marteau, curieux, la pâtisserie où nous avons fait la cérémonie du thé la veille et un salon de thé. C’est parti !

Dans la rue c’est humide comme je l’ai dit mais regardez comme c’est typique ! J’aime tout : le bois, les vélos, les plantes, les signes, les fils électriques… Même la pluie finalement finit par me procurer quelques instants de bonheur.

Elle a du charme la petite ville de Iga dans la province de Mie au Japon... Même sous la pluie

S’il n’avait pas plu, je ne me serais jamais trouvée sur la route de cette jolie femme repérée au loin. De près c’est encore mieux : le porte parapluie sur le vélo (je veux le même), les manches chauffantes, le bonnet. Mais quelle allure !

A Iga à vélo, avec un parapluie et des manches chauffantes

Ce petit moment authentique passé, nous partons à la recherche de la biscuiterie. Je suis curieuse de voir à quoi ressemblent ces gateaux et savoir pourquoi on les casse avec un marteau ? Pourquoi et comment sont-ils si durs ? Quel goût ont-ils ?

Iga japon - la petite biscuiterie de Iga

Nous la trouvons dans la rue parallèle à la rue de notre café. Je rentre dans un endroit très authentique où un couple oeuvre. Ils fabriquent environ 1000 biscuits par jour. Tout est manuel et le processus dure environ une demie-heure. D’abord on fait des boules avec la pâte qu’ils trempent ce jour-là tantôt dans de la poudre de matcha tantôt dans des graines de sésame et qu’ils posent sur le feu. Ils sont ensuite retournés et écrasés avec une sorte de pilon. Une fois écrasés ils sont placés sous ces morceaux de bois et retourné à chaque étape. Le résultat : un gâteau dur comme une pierre qui effectivement se casse avec un petit marteau de bois mais délicieux qui se déguste accompagné d’un thé.

Cette boutique doit être populaire : alors que nous achetions un paquet pour les remercier de leur accueil, 4 japonaises sont entrées, ont vite fait pris quelques paquets, ont payé et sont reparties. C’était marrant de voir la vitesse à laquelle elles ont fait leurs achats comparé à nous qui avons passé au moins une demie-heure à les observer et parler avec eux pour comprendre leur technique, si traditionnelle et authentique !

Dans le coin boutique comme dans le coin cuisine règne un bazar dingue ce qui confère au lieu un charme fou. J’aurais pu rester là à tout regarder, tout analyser. Tout était beau. Le lieu, les gens, les gestes, les regards.

Dans la petite biscuiterie de Iga on travaille avec grâce et style

Les étapes de fabrication des biscuits à Iga au Japon
Ils n'ont pas l'air nons ces biscuits durs comme une pierre ?

J’ai rencontré des chats Ninjas

Nous décidons de les laisser travailler et partons à la découverte du salon de thé.

le charme des rues de Iga

Encore un incroyable foutoir mais de nouveau beaucoup de charme. A peine arrivés, le propriétaire nous propose de tester l’arme des ninjas. Chez nous on tire aux fléchettes, chez eux aux Shurikens (une arme en forme d’étoile sur laquelle les ninjas appliquaient un poison mortel. Je ne veux pas mourir idiote alors pour quelques secondes je me mets dans la peau d’un ninja. Pour la précision on repassera mais il fallait que j’essaye !

C'est qui la ninja ?

Après avoir testé et rigolé, nous nous installons pour boire un matcha et manger un dorayaki. En attendant je regarde les lieux. D’un côté une vitrine avec tous les ustensiles qui servent à la préparation du thé, de l’autre une bibliothèque et… Deux chats.

Alors que je prenais le propriétaire des lieux en photo en train de préparer la commande de nos voisins japonais, il entame une conversation avec Rudy :

« Elle est reporter ? » demande t-il

« Elle est blogueuse lui répond Rudy, vous savez ces nouveaux médias sur internet »

« Ah alors je devrais peut-être lui habiller mes chats en Ninja pour qu’elle les prenne en photo ».

Oh mon Dieu mais de quoi parle t-il ? J’ai bien vu ces chats, tranquillement allongés dans leurs boites avec leurs cartes de visite accrochées dessus mais ne me dites pas qui les habille en Ninja ?

La classe les chats ninja non ?

Et bien si, c’est un vrai business les ninjas à Iga visiblement. Bref Il attrape les deux chats et chacun leur tour leur enfile sa tenue : l’un en rouge, l’autre en bleu. Dociles ils se laissent faire et restent tranquillement installés l’un sur un tabouret, l’autre sur un fauteuil comme s’ils étaient habitués.

Le temps de prendre des chats et de l’homme ninja qui s’incruste sur la photo, et il les déshabille. Je comprends alors que les chats savent qu’après cette petite mascarade, vient le temps de la récompense. Ils sont habitués, les croquettes n’ont pas de prix.

Je serais bien restée mais je dois prendre le lendemain matin un avion à Nagoya pour rentrer en France. Nous avons 2 heures de route devant nous.

Je file récupérer (et payer) mon Hanko dans sa petite boite rose (on est au Japon ou pas ? le rose c’est pour les filles). Je vous assure, il aurait eu une boite Hello Kitty je l’aurais prise ! Je ne pars pas de sa boutique sans avoir pris une photo de ce monsieur très sympa.

Monsieur Hanki Iga Japon

Je passe par la pâtisserie où nous étions la veille pour acheter deux ou trois bricoles et c’est l’heure du départ. Nous prenons le bus pour Nagoya où je passe ma dernière nuit seule, Rudy repartant chez lui à côté de Tokyo.

Etrange de commencer à vous raconter le Japon par la fin de mon voyage. Je ne m’attendais tellement pas une telle journée. Mon séjour s’est terminé comme il avait commencé : avec de belles de rencontres. Je pensais trouver un pays froid, pas très chaleureux, du moins c’est l’image que j’en avais alors je vais être très honnête le Japon m’a surprise. J’ai fait de nombreuses rencontres attachantes, surprenantes, toujours chaleureuses et surtout très authentiques. J’avais des images de Tokyo, ses buildings et ses lumières. Je suis allée à la rencontre d’un Japon rural, avec des savoir-faire ancestraux, des saveurs traditionnelles et je me suis bien retrouvée là-dedans.

Je dis toujours que les rencontres font un voyage et le Japon n’a pas dérogé pas à cette règle. Que j’aime l’Asie, c’est vraiment mon continent de prédilection. Chaque fois que j’y pose les pieds il se passe quelque chose. Cet avant-goût du Japon court et intense à la fois, me confirme qu’il va falloir que j’y remette les pieds. J’ai entendu de belles choses sur d’autres régions, sur Kyoto ou Okinawa et mon imaginaire est déjà en action avec bien sûr les Sakuras en toile de fond. J’ai hâte de vous parler de mon coup de coeur pour l’île de Toshijima et de ma rencontre avec les différentes saveurs du Japon.

Promis, je reviens vite…

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Lors de mon voyage au Japon je me suis arrêtée à Iga, la ville des ninjas. Je vous emmène dans une balade authentique ç la rencontre de certaines personnalités de la ville

J’ai été invitée au Japon par la préfecture de Mie en préambule au prochain G7 qui se déroulera en mai prochain à Ise-Shima. Tous les choix éditoriaux me reviennent

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17 Commentaires

    • Merci Kim. Le Japon vaut le détour. La prochaine j’espère pouvoir y rester plus longtemps. Là ce n’était pas possible malheureusement à cause d’un programme un peu chargé derrière mais j’y retournerai c’est sûr !

  • Excellent, je suis scotchée par les chats!!! Ils m’ont bien fait rire! Je m’imagine déjà tenter d’habiller le mien comme ca… et bien c’est pas gagné! 🙂

    Hate de lire la suite de tes articles, je rêve du Japon depuis un moment! 🙂

    Bonne journée,
    Violaine.

  • Merci, c’est agréable de te lire. J’étais curieuse d’avoir ton point de vue sur le Japon. J’y suis allé et j’ai eu beaucoup de mal à comprendre cette culture. Mais bon, tu avais quelqu’un qui parlait japonais et ça ça change tout !
    Et ce hanko alors, qu’est-ce que tu as choisi comme signification ? On peut le voir ?
    Hâte d’avoir la suite de ton voyage !

    • Merci Tiphaine. C’est vrai que d’avoir quelqu’un qui parle japonais avec soi facilite grandement les échanges.Je pense que j’aurais raté une grande partie de mes journées sans un interprète car peu de japonais parlent anglais.
      Pour le hanko c’est la transcription de mon prénom. Il faut que je le prenne en photo et que je l’ajoute à cet article je crois 🙂

      • Oui ce serait chouette pour le hanko ! Pour l’anglais j’ai très vite compris quand, à la sortie de l’aéroport je me suis trouvée face au plan de métro d’Osaka… Je ne comprenais rien ! J’ai interpellé plein de gens qui me donnaient pour seule réponse à mon appel à l’aide : « sorry, no english !! » 😉 Ca pousse à être imaginative pour se sortir de là !

  • Cool cet article! Ca donne envie d’aller faire un tour au Japon 🙂
    Par contre, petite question ^^
    Quel appareil photo utilise tu? tu fais de très belles photos 🙂

    • Merci Elsa. J’utilise un Canon 5DMarkIII avec un 24-70 2.8. C’est du matériel cher et un peu compliqué à appréhender si tu ne fais pas de photo par contre.

  • Je ne connais pas du tout le Japon mais ce pays m’attire de plus en plus. Je suis heureuse de l’appréhender à travers ton propre prisme et tes expériences. En photo, j’aime beaucoup les ambiances de pluie. Contrairement à ce que l’on croit, elles nous offrent de belles opportunités (reflets, absence d’ombre disgracieuses, parapluies etc.). En tous cas tu en a admirablement tiré profit. Vivement la suite 🙂

    • Merci Juliette ! J’ai eu différentes phases avec le Japon, celle où le pays ne m’attirait pas du tout et celle où j’ai revu ma position. Après ce voyage, j’ai envie d’y retourner. Il est vrai que sans interprète c’est compliqué mais la gentillesse et les sourires font énormément dans les échanges ! Je crois qu’il faut effectivement passer outre ses craintes et tenter 🙂

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