Comment s’y prendre pour planifier les étapes de son tour du monde ?

Wall painting – Ushuaia, Argentina

Avoir l’idée de partir pour un tour du monde, c’est facile. Se lancer, c’est faire un grand saut vers l’inconnu. Organiser et planifier son parcours, c’est s’arracher les cheveux. Faire, défaire, refaire et douter devient le quotidien de tout grand aventurier en herbe. Par où commencer ? Comment tout faire ? Je vais tenter de vous aider à y voir plus clair dans vos idées et éventuellement dans votre organisation…

Au risque d’en décevoir plus d’un, vouloir « tout faire » relève de l’ordre de l’utopie. Mieux vaut voir moins, mais voir bien ! Des choix s’imposent surtout dans le cadre d’un congé sabbatique. 11 mois qui vous paraissent longs sur le papier, se révèlent finalement très courts lors de la phase de planification.

Planifier son tour du monde : la mise en condition

Avant toute chose, une mise en condition s’impose quand on arrive dans la phase concrète de la création de son parcours. Voici mes recommandations :

  • Acheter une carte plastifiée et l’afficher sur un mur. Cela permet d’avoir le monde sous vos yeux, de prendre conscience de ses frontières, de ses distances mais surtout de donner vie à votre projet en y notant vos idées de parcours, vos incontournables
  • Tenter de définir un sens à votre projet : quel est votre but ? Voir de belles plages, aller à la rencontre des autochtones, voir les merveilles du monde, trekker sur tous les continents, les plus belles plongées du monde… Plus vos objectifs seront clairs, plus il sera facile d’ajouter ou éliminer certaines étapes
  • Avoir conscience de votre enveloppe budgétaire. C’est un paramètre déterminant pour votre sélection finale. Par exemple : si vous avez un budget serré, vous éliminerez rapidement les pays occidentalisés ou certaines iles de votre projet à cause du coût de la vie sur place (à moins que vous ne souhaitiez expérimenter le Whoofing et le couchsurfing, deux moyens de voyager à coûts réduits)
  • Garder à l’esprit qu’un tour du monde ne doit pas être une course à l’exploit du nombre de pays traversés. Plus on a de temps dans chaque pays, plus on s’imprègne de son atmosphère, plus on profite d’un endroit qui nous plait, des rencontres et moins on se fatigue
  • Avoir en tête de prévoir minimum entre 15 jours et 3 semaines dans chaque pays si vous souhaitez en profiter
  • Oublier les guides de voyage. A ce stade-là de l’organisation ils ne servent à rien et de toute façon vous ne pourrez pas les emporter avec vous. Question de poids ! Privilégiez internet et les forums de voyage pour faire vos recherches
  • Ne pas trop vous soucier des visas. Seul celui du premier pays (voire des deux premiers pays) vous sera indispensable. Vous glanerez les autres au fil de votre route et ce sera, dans la majorité des cas, moins long à obtenir et peut-être moins cher.
  • Même si on n’a pas envie d’entendre ça avant de partir, je conseille fortement de garder à l’esprit qu’il faut prévoir quelques semaines de réadaptation dans votre pays d’origine avant la reprise du travail. Le retour est bien l’étape la plus difficile à appréhender.

Planifier son tour du monde : le passage à l’action

Une fois passée la phase de mise en condition, préparez-vous à faire des listes : mettre noir sur blanc ses idées permet de visualiser ses choix et surtout de prendre conscience de la faisabilité ou non de son parcours.

Voici mes 6 étapes incontournables :

  1. Listez vos priorités. Faites une sorte de « wish list » des sites et des choses à faire que vous ne sacrifieriez pour rien au monde. Sur ma « wish list », j’avais noté entre autres de visiter le Taj Mahal, Angkor et le Machu Picchu, de faire un saut en parachute, d’aller dans le Salar de Uyuni, de faire un trek au Népal et de descendre jusqu’à Ushuaia en Amérique du Sud…
  2. Isolez les continents que vous souhaitez traverser par ordre de préférence. Il n’y en a que 5, ça ne devrait pas être compliqué ! Eliminez d’office ceux qui ne vous intéressent pas. J’avais par exemple éliminé l’Afrique, trop chère pour ma bourse, l’Amérique du nord qui ne correspondait pas à ce que je voulais voir pendant mon tour du monde, et l’Europe
  3. Listez les pays que vous avez envie de traverser et notez vos incontournables. J’avais quelques pays sur lesquels il n’y avait aucun sacrifice possible. Parmi ceux-là l’Inde, la Birmanie, le Cambodge, le Pérou et l’ile de Pâques au Chili.
  4. Pesez les pours et les contres de vos pays « secondaires » et éliminez ce qui est éliminable. Comme cela, j’avais éliminé avec quelques regrets Sumatra, Java en Indonésie, les Philippines et les iles Fidji préférant me laisser du temps pour voguer au fil de mes envies en Asie du sud-est. Le soleil et la plage ne faisaient pas partie de mes priorités (cf le sens d’un tour du monde dont je parle un peu plus haut dans la mise en condition).
  5. Une fois les pays déterminés, faites un point budget, une estimation budgétaire par pays en fonction du nombre de jours que vous planifiez d’y rester. Vous validerez ainsi la faisabilité de votre parcours. Pour cela, vous pouvez vous aidez de l’association Aventure du Bout du Monde pour avoir des estimations de coûts par pays et par jour. Je recommande vivement de devenir membre pour glaner des conseils auprès d’autres voyageurs. De plus, ils éditent « Partir autour du monde », le seul livre (à ma connaissance) d’aide à la planification d’un tour de monde.
  6. Faites un point rapide sur la météo des continents que vous avez définis afin de vous aider à déterminer le sens de départ de votre Tour du monde. Ce serait dommage de vous trouver en période de mousson en Asie, en plein hiver en Patagonie ou dans la plus mauvaise période pour réaliser votre rêve de trek dans l’Himalaya. Bon il y aura forcément un moment où vous n’aurez pas la météo voulue mais quitte à planifier une année de rêve, autant faire tout pour qu’elle ne transforme pas en une année cauchemardesque à cause du temps. Par exemple, j’ai choisi de faire l’Inde en début de parcours (janvier 2010) afin d’éviter la période de mousson, le Népal ensuite pour faire mon trek au printemps au moment de la floraison des Rhododendrons, la fleur nationale du pays. En Amérique du sud, j’ai choisi de monter rapidement au Pérou puis de redescendre vers le sud pour pouvoir voir les baleines franches australes et les pingouins à la péninsule Valdès et me rapprocher le plus possible de l’été en Patagonie. En planifiant ainsi mon tour du monde, j’ai eu droit à l’hiver en Océanie mais cela ne m’a pas vraiment gênée. Voir la neige sur le Mont Cook, c’est sympa aussi !
  7. Il n’y a plus qu’à assembler les pièces du puzzle afin de réserver, si nécessaire, votre billet tour du monde.

Si vous suivez ces étapes, vous devriez vous rapprocher de votre trajet idéal mais attention, cela ne veut pas dire que vous déterminerez votre parcours en une fois. Cet exercice est pire qu’un casse-tête chinois. Personnellement, j’ai mis quelques mois à trouver mon trajet et j’ai acheté mon billet seulement deux mois avant de partir !

Bon courage dans votre quête au parcours idéal et si vous avez des questions ou des remarques, surtout n’hésitez pas à commenter !

Mise à jour Novembre 2012 :

N’hésitez pas aussi à venir aux #Apérovoyageurs de PassDav pour partager vos expériences.

Sandrine Mercier et Michel Fonovich viennent de sortir un livre Ils ont fait le tour du monde : 32 portraits de blog-trotters. A lire pour l’inspiration !

Ils ont fait le tour du monde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 Commentaires

  • En effet, ça a l’air raisonnable d’organiser tout ça comme ça…je n’en suis pas à penser à faire un tour du monde malheureusement, mais j’espère que ça viendra!! Pour info, pour tes 11 mois, tu avais planifié combien de budget et tu as dépensé combien?
    Merci pour tous ces articles!!

    • Merci Blanche pour ton petit mot. Pour ce qui est du budget il y en a pour toutes les bourses. Pour mon année, j’avais autour de 15K€, billet d’avion inclus. On va dire que je m’y suis plutôt bien tenue et pourtant souvent je me suis dit que je ferais peut-être cela qu’une fois dans ma vie et qu’il fallait bien en profiter et pas se priver, notamment sur les visites. Pour ce qui est des hôtels, j’ai fait très basic.
      Précision : je suis partie dans le cadre d’une année sabbatique et j’ai travaillé plus de 10 ans avant de me payer ce rêve. D’autres partent avec moins.

  • Le coup de la carte sur le mur, c’est vraiment une bonne idée !

    Pour les guides de voyages, personnellement je ne les utilises (en version numérique) seulement une fois arrivé dans le pays. De plus sa me permet de ne pas être trop fermer d’esprit, ainsi si on me dit qu’un endroit est fort sympathique et calme, je serais plus enclin de l’écouter.

    Donc pour prévoir mon itinéraire je n’ai jamais utilisé de guides, toujours les forums, c’est plus vaste.

    En tout cas sympa l’article, même si tu décris une préparation, qui me semble pour moi, précise.
    Le mieux, mais celà nécessite soit plus de temps, soit moins de pays, c’est d’avoir seulement une ligne directrice vague et puis voir ces envies du moment et les occasions qui se présentent.

    • Merci Léopold.
      Mon billet répond surtout aux réponses que se posent les futurs tourdumondistes qui partent dans le cadre d’une année sabbatique ou d’un durée limitée. C’est sûr que quand on a plus de temps, on se pose moins de questions. Je pense revenir dans un prochain poste sur le fait de prévoir justement suffisamment de temps dans une région ou un continent pour laisser libre cours aux envies et aux occasions. C’est vrai que c’est important ! j’ai aimé arriver en Inde ou en Asie du sud-est et ne pas savoir ce que j’allais faire et idem en Amérique du sud ! C’est ça le voyage au long cours : ne pas trop savoir de quoi le lendemain sera fait, savoir où on arrive mais ne pas trop savoir où l’on va !

  • Ton article me rappelle les bons souvenirs de ce casse tête! je pense aussi que pour se laisser plus de liberté sur son parcours, on peu prévoir le moins de vols possible. C’est meilleur pour la planète et ça permet de faire des modifications de parcours sur un continent si besoin.

  • La carte est une bonne idée oui!

    Le plus important je trouve c’est de ne pas courir et rester 2 semaines dans chaque pays. Parfois, le Tour du Monde se réduit trop à une course à la consommation, comme d’autres choses dans la vie…

    • Oui c’est important de se laisser du temps. Je suis restée entre 2 et 3 semaines dans chaque pays et parfois j’ai eu l’impression de courir. Il n’y pas vraiment de règle en fait, tout dépend de la grandeur du pays et ce qu’on a envie d’y faire… Le mieux est d’arriver dans une zone, de savoir que l’on a X jours/mois pour la parcourir et de se laisser aller au fil de ses envies. J’ai fait ça en Asie du Sud-est et en Amérique du sud et je ne regrette pas !

  • Bonjour à tous,
    Je reviens d’un périple de 8 mois en Asie et en Océanie, pour mon retour d’expérience : ne planifier rien ! En effet, sur 16 vols achetés, j’ai pu en prendre que 13 à cause d’inpondérables comme la politique de Visa en Inde ou les cyclones en australie qui ne m’ont pas permis d’aller jusqu’à Darwin ou juste la volonté de changer d’itinéraire grâce aux différentes rencontres effectuée sur place. Dans la continuité de mon tour du monde vers l’Amérique du sud et l’Amérique centrale, je ne prévois cette fois aucun vol acheté à l’avance…je compte surement traverser l’Atlantique en bateau stop ! Pour les gens qui ont du temps, pensez-y ! En plus d’une superbe expérience sur l’eau, vous économisez pas mal d’argent comparé à l’avion. Je compte commencer à prévoir l’itinéraire lorsque je saurais dans quel port j’arriverai ! Voila pour mon expérience, bonne chance et bon voyage ! David

  • Ce sont des conseils avisés que tu présentes là. Il est vrai que vu comme ça, 11 mois, ça semble long, mais finalement au fur et à mesure qu’on avance dans la planification du voyage, on doit s’apercevoir que ce sera vite passé. Avec ce billet, on prend conscience qu’en fonction des objectifs de chacun, il n’y a pas 2 tours du monde identiques, c’est ce qui fait cette expérience unique.

  • Bonjours à tous et merci à toi Adeline pour tout ces conseils.
    J’aimerais parler de l’aventure que je m’apprete à vivre.

    Voilà bientôt j’aurais 20 ans et j’ai pour ambition de partir pour vivre l’experience de ma vie.
    J’ai pris conscience de mon existence et pour celà je compte voyager pour vivre pour de bon.

    Je ne sais pas pour combien de temps j’en aurais. Mais je suis sur de ce que je ferais.
    Je prendrais mon temps dans chaque pays, villes ou villages et je découvrirais chaque coins de mon passage.

    Je sais très bien que sa ne sera pas facile tous les jours mais je compte bien profiter de chaque joie, chaque peine, chaque souffrance comme pour me sentir vraiment vivant.

    Je voyagerais le plus souvent à pied et éviterais les grands transports.
    J’irais ouvertement à la rencontre de personnes et les aiderais si ils sont dans le besoin.
    Je trouverais du travail, n’importe lequel du moment que sa me créee de nouvelles experiences.

    Je voudrais vraiment pouvoir me sentir heureux dans ces choses que je vais accomplir. Et sortir de ce quotidien des gens moderne. Car à force de posséder tous ces objets, ces eux qui finissent par nour posséder.

    Voilà, je ne suis pas venu pour faire de morale ni pour contrarier certaines personnes mais j’avais tout simplement envie d’en parler.
    Et même si je sais ce que beaucoup de gens s’apprete à dire, rien ne me changera.
    Et puis au fond je parle bien avec des inconnus. 😉

  • Chouette article, bien structuré … si tout pouvait se passer comme ça en voyage ! 😉

    Lors de mon premier voyage de plusieurs mois en Amérique latine, j’avais commencé une démarche un peu similaire à la tienne dans mes préparatifs, mais en restant assez vague finalement. Mes seules repères étant mes billets d’avion : aller – retour (date ouverte mais aéroport déterminé) et un vol A-R pour les Galapagos … et bien cela a quand même été de trop !

    Ces prévisions sont devenues de véritables contraintes. Pour le vol pour les Galapagos, nous avions estimé notre vitesse (en visant pourtant très large, nous semblait-il), mais je suis tombée malade plusieurs semaines (une bonne infection) et cela nous a retardé au point de devoir prendre un vol interne et survolé toute la partie Sud du Pérou – et donc manquer le Macchu Pichu (frustration que j’ai réparée cet hiver !), pour être à temps en Equateur.

    Et pour le ticket retour, nous pensions revenir depuis Buenos Aires, mais nous avons été à court d’argent plus tôt que prévu (notre programme de voyage étant « on rentre quand on a plus d’argent ! »); et pour rattraper notre vol Buenos Aires – Madrid, nous avons du passé de Guayaquil – Quito – Panama (c’était le moins cher … mais pas le pls court : plus de 72h de trajet !).

    Morale de l’histoire : nous ne prenons plus de billet d’avion à l’avance … sauf le billet de départ ! 😉

    Amandine d’Un sac sur le dos

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