Et alors ce tour du monde ? Part. 1 L’Inde

Combien de fois m’a t-on posé cette question ? Des dizaines, des centaines de fois peut-être. Comment résumer ces 340 jours en quelques mots ? L’exercice est difficile. Je vais néanmoins essayer de revenir en quelques billets sur ces 11 mois inoubliables.

Pour trouver la genèse de ce voyage, il faut se rendre en Jordanie, un soir de mars 2009. Après deux journées de marche épuisantes dans l’immense site de Pétra, mon fidèle Mr D me pose une question : « si demain tu devais changer de vie, qu’est-ce que tu ferais ? ». A cette question, je réponds spontanément, sans réfléchir car tel était le but : « je lâcherais tout et je partirais faire un tour du monde ». La soirée passe et nous voilà le lendemain au cœur du Wadi Rum en compagnie de deux espagnols fraichement partis pour… Un tour du monde. A les entendre, l’aventure est unique et ils n’ont qu’un conseil : se lancer dans cette incroyable aventure. J’y vois là un signe du destin.

De retour à Paris, l’idée se transforme en projet. Quelques réunions chez ABM, un vague budget établi sur Excel, un congé sabbatique accepté et quelques échanges de mails avec British Airways plus loin, me voilà lancée. 9 longs mois s‘écoulent, les plantes des pieds me chatouillent. Je n’ai plus qu’un objectif en tête : monter dans l’avion BA035 en direction de Chennai.

Le 5 janvier 2010, alors que la neige s’installe sur l’Europe et que l’aéroport de Londres est sur le point d’être bloqué quelques heures pour givre, mon rêve devient réalité.

Dès mon arrivée à Chennai en Inde du sud, je sens que cette histoire est à ma portée. Vivre au jour le jour et profiter, tel est mon crédo. C’est parti pour 11 mois d’aventures(s).

De Chennai à Hampi, en passant par Pondichery, Cochin ou Kanyakumari à l’extrémité sud du pays, je tombe sous le charme de la culture,  de l’hospitalité,  des saveurs, des couleurs, de l’ambiance des temples hindous, du goût du chaï, des voyages en train… L’Inde me séduit et me réserve rapidement un accueil inoubliable : à chaque ville son lot de surprises et de rencontres. L’une des plus marquante sera certainement celle de ces deux néo-zélandaises qui m’inviteront à passer quelques jours dans un pensionnat, histoire à lire ou relire ici. Ce fût une autre façon de me plonger au cœur de l’Inde et de ses réalités. La vie de ces jeunes indiennes d’une dizaine d’années est dure mais je garde le souvenir d’une maison où résonnent les rires, où l’entraide et le respect des autres font partie des règles. Tous ces enfants ont eu la chance de croiser un jour la route d’une bienfaitrice néo-zélandaise qui réussit depuis des années à leur donner des moments de joie dans l’histoire de leur vie si tôt bien difficile. Je partirai de Kodaikanal le cœur serré mais je continue ma route, ainsi va ce voyage.

A l’Inde du sud se succède celle du nord : le Rajasthan et ses somptueux palais, le majestueux Taj Mahal,  la mystique Varanasi et son mythique Gange. Mes nerfs seront mis à rude épreuve en Inde du nord. La mendicité et les arnaques y règnent en maître, la saleté plus marquante. Le nord est plus touristique que le sud et le contact avec les locaux n’est pas sein. Si l’abord est généralement sympathique, il se transforme vite en demande de quelques roupies. J’ai l’impression d’être un « dollar ambulant » et la méfiance s’installe. Dans cette méfiance, je fais néanmoins la rencontre de Rakesh, l’homme aux rubis si généreux. Vous pourrez lire ou relire l’histoire ici. C’est aussi dans cette région, lors d’un voyage en bus mémorable entre Pushkar et la magnifique Udaipur, que je rencontre Lauren, Hana et Leon des néo-zélandais que je ne quitterai qu’à Varanasi, 3 semaines plus tard. Une belle amitié est née dans cette Inde si déconcertante.  Ensemble, nous passons quelques jours dans la très belle Udaipur, des heures dans le magnifique fort de Jodhpur, fêtons Holi, la fête des couleurs à Jaisalmer, allons dans le désert du Thar en chameau, visitons le Taj Mahal, voyageons des heures et des heures en train, vivons des moments de solitude comme seule l’Inde peut nous en réserver…

Quitter Lauren, Hana et Leon fût difficile et l’idée de repartir seule sur la route après 3 semaines de bonheur(s) à 4, pas évident. J’apprendrais en Inde et tout au long de ma route à rencontrer puis quitter.  C’est un peu l’histoire des voyageurs au long cours : faire de belles rencontres, passer des moments inoubliables et partir. Quitter ces personnes qui l’espace d’une journée, d’une soirée ou de quelques jours sont devenus mes repères et se dire que peut-être je ne les reverrai jamais ! Sarah, autre blogueuse tourdumondiste exprime très bien ce sentiment dans son article traveling blues. Pour l’heure, j’ai la chance de quitter ces nouveaux amis tout en sachant que l’on se reverra quelques mois plus tard, lors de mon passage au bout du monde, dans leur magnifique Nouvelle Zélande. Je reviendrai plus longuement sur cet épisode dans un prochain billet.

Alors ce tour du monde ne pouvait pas mieux commencer. En préparant le trajet, j’avais le choix entre partir à l’ouest en Amérique du sud ou à l’est en Inde. Dur choix entre l’insécurité et la misère pour une fille voyageant seule. J’ai fait le choix la misère et je ne m’attendais pas à être aussi touchée et charmée. L’Inde est envoutante et déconcertante, souriante et chaleureuse. Elle met tous vos sens en exergue et vous réserve une aventure inoubliable si vous acceptez de ne pas vous arrêter à la saleté et la mendicité, à sortir des sentiers battus, des sentiers touristiques. On adopte l’Inde si on sait lâcher prise et se laisser envouter. En 70 jours, je suis passée par toutes les émotions. Tous ceux qui connaissent ce pays vous le diront. Là-bas, on passe du bonheur à l’exaspération en quelques secondes mais il y a  un petit quelque chose d’indescriptible qui rend l’Inde attachante et qui fait que l’on repassera forcément un jour par là. Une seule explication à cela : « this is India my friend, Incredible India ».

L’Inde est, et restera le pays des rencontres improbables et inoubliables et le début de l’aventure de ma vie. Au terme de ce tour du monde, elle restera l’une de mes destinations favorites.

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5 Commentaires

  • C’est très touchant de te lire. Merci pour ce beau témoignage de ton voyage. Ma soeur aime aussi énormément l’Inde. Je n’ai pas encore eu la chance d’y aller, mais peut être bientôt. Bises

    • @ Fabrice : on ne ressort jamais indemne de l’Inde j’ai l’impression !
      @ Sarah : c’est une bonne question ! Si tu trouves la réponse, je prends ! Bises et à très vite pour philosopher sur la question 🙂
      @ Zelda : Merci, ça me touche beaucoup !

  • Bonjour,
    Je suis en train de préparer notre voyage en Inde du Sud et je lis des articles des bloguers de voyage…J’aime beaucoup ta façon de raconter, simple et captivante! On part un mois du 15 octobre au 18 novembre et j’espère que notre voyage restera pour nous une belle expérience humaine!
    Je voulais te demander une adresse de l’orphélinat des Neo Zelandaises où tu as passé une journée, si on passe dans le coin, on irait leur faire un coucou ou donner un coup de main 🙂
    Merci et à bientôt

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