Le jour où… j’ai fêté le Roi en Thaïlande

Le 5 décembre dernier avait lieu en Thaïlande la fête du Roi. “Go to party tonight, don’t miss it, fireworks”. A ce que je comprends par ces quelques mots, les thaïlandais ne rigolent pas avec cette journée. Leur vénéré Roi Bhumibol fête ses 84 ans et son entrée dans le 7ème cycle de sa vie, deux raisons pour la petite étrangère que je suis de ne pas manquer ces festivités. Voici donc la fête nationale thaïlandaise vue par mes yeux de farang*.

La fête du roi en Thaïlande, c’est quoi ?

D’abord, la photo du Roi Bhumibol est présente à chaque coin de rue et des drapeaux flottent partout dans la ville. De-ci, de-là, de petits temples sont installés sur les trottoirs afin que l’on puisse allumer une bougie et souhaiter longue vie et long règne à ce Roi si vénéré ici (déjà 65 ans qu’il est en place).

Ensuite, il y a un dress code. Ce jour-là, c’est Pink Bangkok. Tout thaïlandais qui vénère son Roi doit porter un T-Shirt rose, de préférence avec « Long live the King » brodé dessus en thaï et en anglais. Ils sont très peu à ne pas l’aimer et le respecter, je vous laisse donc imaginer l’atmosphère dans les rues de cette ville aux plus de 10 millions d’habitants. Pour schématiser, seuls les moines restent vêtus de leur robe orange.

Cette journée ressemble à une grande fête populaire. Le quartier du Grand Palais est bouclé pour l’occasion et tout Bangkok converge vers ce lieu à pieds, en bateaux ou en 2 roues (beaucoup de 2 roues). De nombreux petits stands de rue sont installés sur l’avenue Ratchadamnoen et dans le parc voisin, des écrans géants ont été mis en place pour rediffuser en direct le discours du Roi et les diverses célébrations de la journée. L’ambiance est familiale dans le quartier. On vient prendre place sur l’herbe vers 17h comme tout bon parisien viendrait réserver sa place au Champs de mars pour voir le feu d’artifice du 14 juillet sur la Tour Eiffel.

N’oublions pas que nous sommes en Asie et qu’il y a le bruit qui va avec. Le son est à son maximum, les commentateurs s’en donnent à cœur joie. C’est un peu comme dans les bus, c’est non stop ! Le thaï c’est sympa mais quand on ne comprend rien, ben c’est saoulant ! De plus, l’Asie ne serait pas l’Asie sans sa dose de kitch. Ce jour-là petits et grands portent un nœud rose à pois blancs fluorescent dans les cheveux ou encore ont un ballon gonflé à l’hélium à l’effigie d’Hello Kitty, Minnie, Ben Ten ou Winnie l’ourson. Il n’y a que sur ce continent où l’on peut arborer ce genre de chose et ne pas se sentir ridicule ! Je suis totalement fan de ce concept.

Les stands de rue, c’est bon pour l’odorat et les papilles

Au niveau des stands de rue, c’est la fête de l’odorat et des papilles. Ça sent les brochettes et les sauterelles grillées, le pad thaï, la soupe aux nouilles. Bref, j’ai envie de goûter beaucoup de choses mais malheureusement, je ne suis pas toute seule. Les thaïlandais ne rigolant pas avec la nourriture et moi-même n’étant pas très à l’aise dans la foule (agoraphobe moi ?), je me déciderais seulement sur des petites brochettes accompagnées d’un Jus d’ananas glacé, pinapple shake dans le jargon local. Un régal pour moins d’un euro, huuuummmm.

A la nuit tombante, le quartier s’anime vraiment. Alors qu’une heure plutôt on pouvait encore circuler, tout est maintenant en effervescence. Les lumières sont allumées dans les palmiers, on fait voler des lanternes de la chance dans le ciel et d’un coup, mouvement de foule en direction du grand palais. Chacun a une bougie à la main, de préférence dans une petite fleur de lotus en plastique (retour du fameux kitch) et d’un coup résonne l’hymne national, tout le monde s’arrête, allume sa bougie et chante. Beau moment de communion du peuple Thaï.

Le feu d’artifice, apothéose d’une journée festive

Au terme de l’hymne, un feu d’artifice vient clore la célébration. C’est alors que la foule se disperse et des milliers de 2 roues cohabitent avec des millions de personnes. C’est dans un joyeux bazar à l’asiatique que la fête prend fin. Ce soir-là, l’entrée du Grand Palais et du Wat Phra Kaeo était gratuite. Me trouvant à l’opposé et la foule convergeant dans le sens inverse, je n’y suis pas allée mais le lieu devait être beau à voir de nuit.

Le 5 décembre 2011, j’ai donc fêté les 84 ans du Roi Bhumibol à Bangkok et vécu en communion avec le peuple Thaï l’une des fêtes les plus importantes pays.

* Etrangère/occidentale

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7 Commentaires

    • C’était génial, il n’y avait pas beaucoup d’étrangers bien que cette avenue ne soit pas très loin de Khao San Road, bizarre mais moi j’ai kiffé cette plongée au coeur de la culture thaï ! Bon moins au moment où la foule s’est dispersée mais bon… Je ne pouvais pas être à Bangkok et ne pas y participer 🙂

      Je suis partie pour 1 mois 🙂

  • Coucou Adeline, merci encore de nous faire participer à ce beau périple… Vive le Roi ! Juste une petite question : toi, tu avais choisi un t-shirt rose Hello Kitty ??? Bisous de Parigi !

  • Bonjour Adeline! Très sympa cet article sur le Roi de Thaïlande! Est-ce qu’il y a une raison particulière dans le choix de la couleur rose? Ca a une signification particulière là-bas ou tout simplement, il fallait choisir une couleur?

  • Bonjour,

    Je parcours votre blog depuis quelques temps avec plaisir, mais à la lecture de cet article je suis atterré de voir que quelqu’un ayant autant voyagé ait si peu de recul et d’esprit critique sur la situation politique des pays visités. Votre article déforme la réalité du pays (certes les habitants de Bangkok sont pro-monarchistes) et donne une image enjolivée du roi qui est loin d’être si vénéré.

    La lecture de cette article je l’espère permettra d’apporter de la nuance dans vos propos :
    http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20140507.OBS6408/thailande-ceux-qui-osent-defier-le-roi.html

    Bonne continuation (sinon j’aime beaucoup votre site !!)

    • Bonjour Loïc,
      Remettons les choses dans leur contexte : cet article remonte à fin 2011, soit il y a près de 3 ans. La situation politique était loin d’être ce qu’elle est aujourd’hui et il est donc le reflet de ce que j’ai vu et ressenti à cette époque dans les rues de Bangkok. Je pense que si je devais revivre ce moment et le retranscrire aujourd’hui il ne serait certainement pas le même.
      J’aime beaucoup la Thaïlande et ne suis pas insensible aux problèmes politiques qu’elle traverse en ce moment. Je me tiens informée assez régulièrement sur l’évolution de la situation (et j’ai lu l’article lié à l’époque où il a été publié). Votre remarque serait pertinente si j’avais écrit l’article aujourd’hui, elle ne l’est pas dans le contexte de l’époque.

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