Le jour où je n’ai pas surfé en Allemagne (mais où j’ai rencontré Angelo)

Il y avait du vent ce jour-là à Sylt… Ce vent à décorner les boeufs que les surfers expérimentés affectionnent mais que les novices comme moi redoutent. Mon rendez-vous avec la vague allemande n’aura donc pas lieu mais Angelo, mon (non) instructeur du jour, a quand même tenu à me rencontrer pour me parler de Sylt son île natale, de ses projets et de ses actions pour préserver l’éco-système unique de la mer des Wadden… Angelo est l’une de ces rencontres qui ne laisse pas indifférente. Portrait.

Surfer en Allemagne - Angelo Schmitt Ocean Camp Sylt mer des wadden

Une vue à 25 millions de dollars

J’ai rendez-vous avec cet ange aux yeux bleus dans une ancienne école primaire au sud de l’ile. Ce batiment sans réel charme extérieur il faut l’avouer, prend un sens dès qu’on y entre ou plutôt dès que ce jeune quarantenaire au look d’ado m’ouvre la porte me souhaitant la bienvenue avec un large sourire. Je ne sais pas où je suis ni ce que je fais vraiment ici mais je sens de bonnes vibrations ! ça et là des pots de peintures cotoient des planches de surf encore enveloppées dans du carton, des livres côtoient des déchets ramassés sur la plage et au mur un tag m’indique que je suis à l’Ocean Camp… Tout ça attise de plus en plus ma curiosité, c’est alors qu’Angelo m’invite à aller dans une salle de classe « avec vue » me dit-il, « une vue qui vaut 25 millions de dollars » !

Surfer en Allemagne - Sur la plage de Hornum Sylt mer des wadden

Keep local land in local hands

25 millions de dollars, c’est la valeur de ce site idéalement situé à Hörnum, le dernier village au sud de Sylt. Celui-ci aurait pu être vendu à des investisseurs qui auraient détruit le lieu et l’auraient transformé en hôtel pour touristes fortunés mais Angelo ne voulait pas de ça pour son île, déjà suffisamment portée sur le tourisme de luxe à son goût. Quand la commune a lancé un appel à projets pour faire quelque chose de ce terrain plutôt que de le laisser à l’abandon, Angelo s’est dit qu’il devait rester aux mains des locaux « keep local land in local hands » comme il me dit ! Il propose alors son école de surf, avec un concept bien à lui et il remporte le projet.

Surfer en Allemagne - Angelo sur la planche

Pour comprendre comment il en est arrivé là, il faut remonter aux années 80. Alors adolescent, son sport de prédilection était le skateboard. Bizarre pour un enfant élevé à la mer mais c’était ça son truc. Durant ses années lycée, il part étudier une année à San Diego en Californie où il découvre le surf qui deviendra sa nouvelle passion ! Il revient en Allemagne, fini ses études puis part pour un tour du monde de deux ans en 1995 avant de poser ses valises pour quelques temps en Afrique du Sud. Aujourd’hui, il vit l’été à Sylt et quelques mois d’hiver au Cap en Afrique du Sud.

C’est en voyage qu’il prend conscience des questions environnementales, de la singularité de son ile (comparable pour son écosystème unique à l’Amazonie ou la grande barrière de corail) et qu’il faut la préserver maintenant. Il revient donc vivre à Sylt, créé une marque de vêtement, un magazine de surf, une école de surf et maintenant l’Ocean Camp. Un réel entrepreneur cet Angelo.

Avant qu’il ne récupère ce site, Angelo avait une école de surf/windsurf/paddle où il accueillait les locaux, les vacanciers et les enfants malades qui avaient besoin de se sortir du quotidien de leur maladie. Ce sera toujours le cas avec l’Ocean Camp mais avec une notion d’éducation en plus à laquelle il tient car « on ne peut pas aimer la mer et ne pas avoir conscience de cet incroyable environnement mais aussi de ses dangers ». Avant d’aller à l’eau les enfants ont donc des cours d’océanographie, de protection de l’environnement, de premiers secours et pour cela il s’est associé à WWF, la station de conservation de la mer des Wadden, aux sauveteurs et à des marques soucieuses de préserver notre belle planète.

L’école lui ressemble. Pour l’aider dans la déco, il a fait appel à un artiste local pour le tag, chiné des meubles, des livres et des objets sur le marché aux puces qui a lieu tous les jeudis matin à Westerland, ramassé des objets et des déchets sur la plage transformés en petites figurines. Fidèle à ce qu’il est et à ce qu’il veut pour son île.

Après avoir surfé en Norvège au-dessus du cercle polaire, je trouvais fun de tester le surf et le paddle en Allemagne mais la météo aura eu raison de ma motivation. Si j’avais été à l’eau ce jour-là, peut-être n’aurais-je pas connu l’histoire d’Angelo, cet être inspirant comme j’en croise de temps à autres sur les routes du monde et qui clairement contribue à la réussite et au souvenir de mes voyages. Sylt et la mer des Wadden seront toujours associées à la personnalité d’Angelo, à son combat pour préserver le caractère unique de son île et éduquer les jeunes générations à l’environnement.

Surfer en Allemagne avec Angelo - Ocean Camp
© Julie Sarperi – Carnets-de-traverse.com

Surfer en Allemagne, mais aussi windsurfer, Kytesurfer…

A Sylt il y a l’eau et le vent ce qui en fait une destination idéale pour tous les amoureux de sports de glisse tels que windsurf, kytesurf… Elle accueille d’ailleurs chaque année fin septembre une étape de la coupe du monde de windsurf. Pour ceux que ça intéresse, elle se déroulera du 26 septembre au 5 octobre 2014.

Pour y aller : Avion jusqu’à Hambourg puis train jusqu’à Westerland.

Surfer en Allemagne - Strandkorbe Sur la plage de Hornum Sylt

Le projet #Jaimelallemagne est le fruit d’un partenariat entre l’office national allemand du tourisme et le Collectif des blogueurs voyage. Tous les choix éditoriaux des billets produits suite à ce voyage reviendront aux blogueurs.

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2 Commentaires

  • Sympa de lire ton article après avoir entendu cette histoire en live au salon à Cannes, c’était rempli d’émotion et je crois que ton histoire me restera en tête ! Ce sont ce genre de rencontres qui font nos voyages !

  • J’ai beaucoup aimé ton récit. Y a de plus en plus d’initiatives « éco-friendly ». Le monde du surf est d’ailleurs beaucoup plus sensible à ce genre d’enjeux puisqu’il en témoigne au quotidien. De plus la notion de garde le lieux pour une valeur locale fait chaud au coeur !

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