Istanbul : poésie et magie sur le Bosphore

Dites-moi, je vous ai déjà dit que j’avais aimé Istanbul ou pas ? Cela faisait longtemps que j’avais cette ville dans un coin de ma tête et puis en janvier, alors que j’étais invitée au World Tourism Forum, j’ai décidé de rester trois jours seule à Istanbul pour en profiter. Bon des terroristes ont eu l’idée de poser une bombe sur le square de Sultanahmet quelques jours avant mon arrivée alors c’est pas trop à l’aise dans mes baskets que je suis partie mais vous savez quoi ? La magie et la poésie d’Istanbul ont opéré et j’ai complètement oublié cette histoire.

Istanbul, une ville entre deux continents

Ma rencontre avec la magie d’Istanbul a commencé le soir de mon arrivée, sur les rives du Bosphore. Côté européen. Il y avait de l’animation : les uns sortaient de le fac, les autres du bureau. Certains s’arrêtaient boire une bière pour profiter du coucher du soleil, d’autres filaient direct prendre le bateau qui les ramènerait à la maison. Je me suis posée sur un rocher, j’ai profité de la vue les yeux tournés vers l’Asie, avec cette terrible envie de prendre l’un des bateaux pour filer sur le continent de mon coeur.

Coucher de soleil sur le Bosphore à Istanbul

Sur le Bosphore les mouettes volaient et tournoyaient à l’arrière des bateaux à l’affût d’un petit bout de quelque chose à manger. Moi je n’avais d’yeux que pour cette eau bleue turquoise unique en son genre dans laquelle se reflétait le soleil qui descendait doucement sur le Bosphore. Il y avait aussi Sainte Sophie là-bas au loin avec ses minarets qui pointent vers le ciel. Cette Istanbul était tellement douce au coucher du soleil.

Vue sur Kiz Kulesi à Istanbul
Coucher de soleil sur Sainte Sophie

Istanbul l’européenne

C’est de la place Taksim que commence ma réelle exploration d’Istanbul. Je remarque tout de suite son vieux tram…

Le vieux tram sur Istiklal

 et ses vendeurs de pains souriants.

Vendeur de pain sur Istiklal

Je descends la rue Istiklal en traversant les quartiers de Beyoglu et de Galata, le nez en l’air. Il y a deux beaux immeubles art déco ci-et-là et des petits passages qui ressemblent à ceux de Paris, des petits cafés dans les rues adjacentes. Je prends mon temps pour pousser les portes, prendre des rues de traverse et m’arrêter dans les cafés. Je me sens à l’aise dans cette ambiance entre Orient et Occident. çà et là du streetart qui rappelle forcément le printemps arabe.

Petit café rue Kartal quartier Beyoglu

Streetart Istanbul
Streetart Beyoglu

le passage sur Istiklal

Arrivée à la tour Galata, je décide de ne pas y monter. Je préfère descendre vers le pont. De là, la vue sur la vieille ville est magnifique. Je suis marquée par l’impression de densité de la ville. On n’a pas cette impression quand on foule les pavés des rues d’Istanbul. On n’y a aucune impression d’oppression comme cela peut me le faire dans certaines villes. C’est l’ouverture vers le Bosphore qui fait ça je pense aussi.

Vue sur la vieille ville d'Istanbul depuis le pont de Galata
Tour Galata Istanbul

Ensuite il y a ces pêcheurs qui tout la journée lancent leurs cannes dans le Bosphore. Ils sont beaux, marqués par la vie, marqués par le temps. Ils me rappellent ceux rencontrés au Portugal en novembre dernier. Bon ceux-là prennent moins de risques. Un autre style on va dire !

Le pont traversé, je fais un tour au marché aux épices… J’y croise les sourires. J’ai envie d’acheter tous leurs loukoums, leurs épices et leurs thés. ça donne envie ! Et ils sont sympas. Je crois que les commerçants souffrent de la crise actuelle. Avec les réfugiés, les attentats, les touristes désertent Istanbul et la Turquie. Je suis triste pour eux (A ce sujet, je vous conseille de lire mon article Continuer à voyager malgré les risques d’attentat).

Marché aux épices istanbul

Je suis frappée par la gentillesse des stambouliotes. Allez je vous avoue qu’en tant que fille qui voyage seule, j’ai parfois un peu d’appréhension à voyager dans les pays musulmans. Pas à cause de la religion en soi mais de l’image de la femme. Ce n’est pas forcément bien vu une femme qui voyage seule. Il faut aussi dire que j’ai eu de mauvaises expériences en Malaisie, de mauvais souvenirs de certains regards insistants dans le sud de la Jordanie qui ne m’ont pas mise en confiance. A Istanbul, vraiment aucun souci de ce genre.

Ensuite il y a eu la visite du palais Topkapi, sa cuisine immense et ses jardins qui donnent sur le Bosphore et alors que le vent était cinglant sur Istanbul, je me suis réfugiées dans un café pour profiter du coucher de soleil, un autre, sur la mosquée bleue et Sainte Sophie. C’était magique ! Cela n’aurait pas pû être autrement.

Coucher de soleil sur Sultanahmet depuis un rooftop

Sainte Sophie depuis Seven Hills Restaurant Istanbul

Istanbul l’asiatique

Autre jour, autre continent. C’est en Asie que je m’en vais. En traversant le Bosphore, je me trouve au coeur de la belle Istanbul, de ses palais Ottomans majestueux, de ses collines. Il y a de la poésie dans la lenteur de ce petit voyage et encore plus au coucher du soleil !

Magie d'istanbul - Les mouettes à l'affût d'un bout de pain

Je ne suis pas restée suffisamment longtemps pour profiter de ce côté-là de la ville. Tout juste celui de me balader le long du Bosphore et de m’arrêter prendre un thé sur les marches aménagées en petits cafés. Les gens vont et viennent, se posent, s’arrêtent, font un selfie et repartent. Je me suis posée, j’ai profité du coucher du soleil sur Kiz Kulesi, la tour de Léandre. Un moment doux et animé à la fois.

A Istanbul, sur les rives du Bosphore côté asiatique

Dites vous auriez dû me dire que c’était si beau, je serais venue bien avant et j’y serais revenue et revenue encore… Certainement. J’y retournerai c’est sûr car je suis loin d’en avoir fait le tour ! J’ai encore plein de choses à explorer là-bas : les palais, les petits quartiers et surtout le côté asiatique où finalement je ne suis qu’allée boire un thé… Mais avec une belle vue !

Kiz Kulesi au coucher du soleil. Un ancien phare transformé en café

Voyager seule à Istanbul

Comme évoqué un peu plus haut, j’avais quelques craintes en voyageant seule à Istanbul mais celles-ci se sont envolées assez vite avec les mouettes du Bosphore. Istanbul est une ville à mi-chemin entre l’orient et l’occident. On s’y sent comme à la maison. J’ai pris les transports en commun seule et accompagnée, j’ai marché dans ses rues seule et accompagnée et je n’ai senti aucune différence. Bon en trois jours, je n’ai pas forcément eu le temps de sortir des sentiers battus mais dans les centre, il n’y aucune crainte à avoir. Pour la nuit, mieux vaut demander aux hôtels ou à vos hôtes les quartiers où il ne vaut mieux pas mettre les pieds.

Je n’ai pas trouvé non plus vendeurs trop harcelants (comme ils peuvent l’être parfois en Tunisie ou Maroc par exemple). Je me rappelle d’un gars devant la mosquée bleue où je suis allée 2 fois à 2 jours d’intervalle. 1er jour il me dit bonjour, me demande de quel coin je viens, et finit par vouloir m’orienter vers la boutique de tapis de sa famille. Je dis non, il n’insiste pas. Le lendemain je reviens et le même gars me reconnait, me demande où était ma copine qui m’accompagnait la vieillle (physionomiste en plus) et me redemande si des tapis m’intéressaient. Toujours non, pas d’insistance. Et ça je l’ai vécu plusieurs fois.

Par contre les arnaques sont aussi fréquentes qu’ailleurs notamment au niveau des taxis. Si vous voulez prendre un taxi, il faut avoir des petites coupures sinon ils gardent la monnaie, que l’on parle de 2 liras turques ou de 80, c’est du vécu ! Sinon Uber fonctionne très bien à Istanbul. Si vous êtes connecté(e) et voulez prendre le taxi, comme chez nous, préférez Uber.

Mes bonnes adresses à Istanbul

The Populist

Restaurant the Populist Istanbul
The Populist est un nouveau bar/restaurant qui vient d’ouvrir dans une brasserie. Elle se trouve dans une ancienne usine où se situent plusieurs restaurants. J’ai beaucoup aimé la déco du Populist : un vieux van VW à l’entrée où se trouve le DJ, des toilettes où tu as envie d’aller rien que pour le signe qui brille et un bar qui sert la bière brassée sur place.
Le bar de The Populist Istanbul
Le combi VW de The Populist

Adresse : Merkez, Birahane Sk. No:1, 34384 Şişli/İstanbul, Turquie

Hotel W

Le couloir de l'hotel W Istanbul
L’offre d’hôtels à Istanbul est variée. Je suis descendue à L’hotel W qui est assez bien situé dans le quartier de Besikas, à deux pas du Bosphore et d’un quai d’où partent les bateaux vers l’Asie. A 10 mn à pied se trouve le palais de Dolmabahce et du tram qui mène en centre ville et jusqu’à Sultanahmet. Besikas est un quartier qui bouge bien, assez tendance, agréable à vivre et avec plein de petits restaurants.

L’hôtel est agréable et le bar un chouette endroit pour trainer (mais pas trop pour manger, il y a vraiment meilleur avec plus de saveurs ailleurs). Dans chaque chambre est fourni (inclus dans le tarif) un téléphone équipé de la 3G que l’on peut emmener à l’extérieur et connecter à ses réseaux sociaux. Pratique pour les personnes connectées comme moi qui lors de ce voyage-là n’avait pas forcément envie d’acheter une puce locale.

L'intérieur de la chambre de l'hotel W istanbul
le plafond du bar de l'hotel

Adresse : Süleyman Seba Cad. No:22, 34357 İstanbul, Turquie

Marmelat

Marmelat, un petit restaurant sympa dans le quartier de galata
J’ai été attirée par la devanture bleue de Marmelat. J’ai regardé à l’intérieur, il était plein (et plein de locaux). Un bon signe pour moi. C’est un endroit pour bruncher ou pour manger sur le pouce. C’est petit mais une bonne adresse pour une pause entre deux visites.

Adresse : No:/A, Bereketzade, Camekan Sk. No:8, 34421 Beyoğlu/İstanbul, Turquie

Farooj al Zaeem, un fast-food syrien

Farooj al Zaeem restaurant syrien istanbul
Situé à deux pas de l’hotel Mama Shelter – Istanbul (pour ceux qui auraient besoin d’une adresse plus centrale) et dans une rue perpendiculaire à la rue Istiklal, ce fast-food syrien est un petit bijou ! C’est gras et oriental mais qu’est-ce que c’est bon… Je crois que c’était mon meilleur repas à Istanbul. Vous pourrez lire un article détaillé sur Farooj al Zaeem ici.

Adresse : Hüseyin Ağa Mah., Halas Sokak 2, Beyoğlu

Acemoglu Baklava, un petit salon de thé

Salon de thé Acemuglu à Istanbul
Acemoglu Baklava est un petit salon de thé situé le long du Bosphore quand on descend de Sultanahmet, un endroit idéal pour se délecter de quelques pâtisseries orientales et d’un bon thé. En plus il y a le wifi alors comme il faisait froid dehors, je me suis posée une heure tranquille !

Adresse : Hobyar, Ankara Cd. No:243, 34112 Fatih/İstanbul, Turquie

Context tours

Streetart rue Istiklal - Istanbul
Si vous cherchez un tour guidé qui vous donne un petit aperçu local de la ville, je vous conseille Context tours (tours en anglais). J’ai aimé que ce soit un petit groupe (maxi 6 personnes) et que ce ne soit pas téléguidé. Notre guide Kutlu, nous a emmené de la place Taksim au quartier de Galata en nous racontant des petites anecdotes, nous arrêtant devant des façades originales… Bref c’était comme une balade entre amis. 

Community Kitchen

L'intérieur de Communitu kitchen, restaurant vegan à Istabul
Difficile de trouver un restaurant vegan à Istanbul. Ce soir là, j’étais avec une amie vegan et nous avons trouvé Community kitchen, un petit restaurant vegan et bio très accueillant où on mange très bien, on y boit du thé organic que l’on choisit en ouvrant les boites sur le comptoir. Il y a deux grandes tables que l’on partage. Attention il faut aimer les chats qui viennent se réfugier là « surtout les jours froids d’hiver » nous a dit la propriétaire très douce et très accueillante.

Adresse : Şahkulu, Kumbaracı Ykş. No:57, 34421 Beyoğlu/İstanbul, Turquie

Seven Hills restaurant, le rooftop sur Sultanahmet

Vue depuis Seven Hills restaurant
Vous cherchez une terrasse pour voir un joli coucher de soleil sur la mosquée bleue ? Je suis allée au Seven hills restaurant (qui faisait aussi bar à l’heure où j’y suis allée) et la vue à la fois sur Sainte Sophie et sur la mosquée bleue étaient magnifiques. Il y a plusieurs terrasses dans le quartier, c’est celle-ci que j’ai choisie et je ne l’ai pas regretté.

Adresse : Tevkifhane Sk. No:8, Turquie

Se déplacer à Istanbul

Le mieux est d’acheter l’Istanbul card pour pouvoir prendre le tram, le métro et le bateau. Elle s’achète 6 liras et se charge facilement dans toutes les stations. Comme j’ai préféré marché, je ne l’ai pas achetée mais finalement je pense ça aurait valu le coup.

Après il y a le taxi mais comme je l’ai dit plus haut, il faut être extrêmement vigilant car il y a quelques arnaques. Uber marche très bien !

Si vous cherchez un guide de voyage pratique, un Grand week-end à Istanbul est idéal : petit, il se glisse facilement dans un sac et la carte est bien détaillée.

Point météo

Il y a de vrais hivers à Istanbul. Durant mes quelques jours début février, j’ai connu les 15° comme les 5° avec un vent cinglant. J’ai vu un très beau soleil comme j’ai eu une pluie constante à ne pas mettre le nez dehors. Un mois avant mon arrivée, il y avait de la neige à Istanbul.

C’est sympa d’aller à Istanbul en hiver. Si vous y allez à cette saison, prévoyez des vêtements chauds comme des plus légers.

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3 jours seule à Istanbul entre magie et poésie. Je vous offre une balade et surtout mes bonnes adresses

J’ai été invitée par le World Tourism Forum et j’ai choisi de prolonger mon séjour pour visiter seule Istanbul. Le choix et l’angle éditorial de ce billet me reviennent.

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20 Commentaires

  • Magnifique parcours d’Istanbul , ma ville préférée et où j’ai hâte d’y retourner (j’aurais la chance de pouvoir à nouveau y poser mes bagages puisque ma soeur va s’y installer un an !). J’adore cette ville aux multiples facettes 🙂

  • J’ai beaucoup aimé Istanbul aussi, un gros coup de coeur pour cette ville, mais quelques jours ne suffisent pas en effet. Il faudrait tout une semaine (minimum) pour avoir un bel apercu d’Istanbul! Je compte y retourner aussi, bientôt j’espère!

    Tes photos sont superbes, surtout celles avec les mouettes 🙂 J’aime beaucoup!
    Bonne journé!
    Violaine.

  • Tes photos sont superbes !
    J’ai envie de partir à Istanbul, mais quand je suis partie en novembre, j’ai choisi Porto, par crainte des attentats. C’est tellement dommage car cette ville m’attire énormément.

  • Vos voyages, et la manière dont vous les narrez, me font rêver… Vous avez de l’audace de voyager seule, et je vous admire pour ça, surtout par les temps qui courent.

    Merci pour ce voyage de quelques minutes et ces photos dépaysantes.

    Kim

  • Un très joli tour tout en couleur dans les dédales d’Istanbul. L’architecture et les couleurs ont l’air sublimes, les gens sympathiques, et l’air marin semble apporter une touche de sauvage. Comme dans une BD de Corto Maltese ? On dirait bien. Je suivrai tes indications le moment venu. Merci !

  • J’ai tellement envie de découvrir Istanbul !!! J’ai vécu pendant trois mois à Bodrum, et j’ai adoré, mais je n’ai pas encore eu la chance de découvrir ni la capitale, ni Istanbul… Et pourtant, j’en meurs d’envie 🙂 Bientôt j’espère !

  • coucou,

    j’ai doré lire ton article et j’imagine que tu a passé un très bon moment vu les photos que tu nous montre, ça donne envie d’y aller, ça doit être un autre univers, des gens très aimable et beaucoup de choses à découvrir !

    En tous cas ça m’a un peu rappelé mon voyage à Mayotte quad tu m’a dit que les gens prenaient le bateau pour rentrer chez eux, haha ça change tellement de ce qu’il y’a en France 😛

    Bref, merci pour cette découverte, tu mérite bien ta place à la UNE sur HC, j’ai vraiment apprécié ton article ! bonne continuation 😀

    des bisous 🙂

  • très jolie ville. les gens gens sont acceuillants et aimables. nous aimerions bien retournées même si le pays est instable. nous voudrions bien profiter plus des beaux paysages et apprécier la culture.

  • J’adore cette ville, j’en suis amoureuse! J’y suis allée seule en novembre dernier durant une semaine et j’ai adoré! J’ai une amie qui y vit et comme toi je m’y suis sentie hyper bien, aussi bien durant les moments où j’étais seule (je n’ai rencontré aucun souci, au contraire) comme accompagnée. Je n’ai qu’une hâte pouvoir y retourner.

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