Le voyage au long cours ou la difficulté du retour

Le voyage au long cours ou la difficulté du retour« Etre conscient de la difficulté permet de l’éviter » Lao Tseu

Dans le microcosme des voyageurs au long cours, il est une légende… Celle-ci raconte l’histoire d’un voyageur qui serait désorienté au retour d’un fabuleux voyage. Selon cette même légende, il faudrait environ la moitié de la durée de son aventure pour se remettre sur les rails d’une « vie normale ». Alors, légende ou pas ? J’ai décidé de vous parler sans tabou de la gestion d’un retour à la réalité bien plus difficile à vivre qu’on ne se l’imagine.

Il y a plus d’un an et demi, je partais pour un long voyage à travers le monde sans vraiment savoir à quoi m’attendre. En écrire les (très) grandes lignes, en organiser le minimum et vivre au jour le jour sans savoir de quoi le lendemain serait fait, tels étaient mes modestes objectifs et ambitions avant de partir. J’avais tout simplement envie de me laisser surprendre par mes rencontres et l’imprévu. Dès mon arrivée en Inde je sus que ce voyage serait fait pour moi. Je me souviens encore de cette petite danse à 3h du mat’ dans ma guest house pourrie de Chennai où je me suis dit « ça y est, tu y es, profite ». Au fur et à mesure que l’aventure avança, j’en appris plus sur la vie d’un voyageur au long cours. Voici ce que je découvris.

Voyager au long cours, c’est :

  • Sortir de la routine et prendre le temps de vivre
  • Dire adieu à ses principes et ses repères, être face à soi-même et repousser chaque jour ses limites
  • Voir sa vie réduite à un sac à dos pesant de 15 à 20kg et se sentir heureux de vivre sans superflu
  • Avoir un budget quotidien mini-serré, vivre selon la devise « gagner rien, dépenser (presque) rien », sortir de cette vie de consommation de masse et ne pas s’en porter plus mal
  • Dormir dans des hôtels sous étoilés, souvent dans des dortoirs bruyants et sans intimité, se laver dans des douches à la propreté douteuse et s’accommoder de tout cela sans se poser de question
  • Passer de nombreuses nuits dans des trains ou des bus sans confort, être éreinté à l’arrivée mais se dire que l’aventure forme la jeunesse même si on n’est plus si jeune
  • Faire attention à ce (et ceux) qui nous entoure(nt) et s’ouvrir sur l’extérieur, faire tomber les barrières de l’individualisme et de l’intolérance
  • Aller quotidiennement à la rencontre de la générosité du monde, vivre de très beaux instants de vie avec des locaux et chaque jour se poser la question « est-ce que j’aurais fait ça chez moi avec des étrangers ? » et se dire que non
  • Revenir à l’essentiel et réaliser qu’on n’a jamais été aussi heureux qu’avec ce minimum vital
  • S’armer de patience, faire face aux imprévus, détecter les arnaques, vivre 15 vies en une et s’adapter à toutes les situations
  • S’endormir heureux et avoir hâte d’être le lendemain
  • Se lever heureux et avoir hâte de commencer sa journée
  • Ne pas juger et profiter

Bref vous l’aurez certainement compris, je découvris que voyager au long cours était comme vivre un retour à l’essentiel et apprécier la vie dans tout ce qu’elle a de plus simple.

Le retour, c’est Lost in translation

Quand on a vécu tout cela et bien plus encore, revenir à notre vie d’avant, à une vie que certains disent « normale », c’est prendre une grande claque, un coup de massue sans s’y attendre ! Passée l’étape un peu grisante des retrouvailles avec les proches, bienvenue dans Lost in translation dans son pays natal. Le choc est grand et chaque jour on se demande pourquoi on est rentré et quand est-ce qu’on repart ? Voici en vrac quelques situations auxquelles on doit malheureusement faire face :

  • Rentrer en France juste avant Noël et se sentir agressée par la consommation de masse
  • Rentrer dans un magasin, se sentir agressée par le bruit, les lumières, la foule et ressortir au bout d’une minute en larmes, dégoutée par le « trop »
  • Rentrer dans le métro, se sentir désorientée, faire face à la bêtise humaine et à l’intolérance, se demander ce qu’on fait là et ressortir en pleurs
  • Poser une question d’orientation à ses compatriotes dans la rue et donner raison aux étrangers quand ils disent que la France fait partie des pays les moins accueillants au monde
  • Se prendre de plein fouet le négativisme et l’anxiété des français, ne pas comprendre et avoir l’impression de sortir tout droit du monde magique de Oui-Oui
  • Avoir l’impression d’être une extra-terrestre qui parlerait philosophie de la vie
  • Avoir un recul sur la vie et se rendre compte que cela dérange
  • S’entendre dire à maintes reprises qu’on a de la chance d’avoir fait un si beau voyage et répondre à chaque fois que parler d’audace serait peut-être plus approprié
  • Comprendre dans le regard et l’attitude des autres que l’on a changé et que nos attentes de la vie ne sont plus les mêmes
  • Avoir des attentes simples de la vie et avoir l’impression qu’elles sont assimilées à un manque d’ambition plutôt qu’à une simple recherche de bonheur
  • Prendre conscience (encore plus que pendant son voyage) que les plus pauvres sont finalement les plus riches
  • Répondre des dizaines de fois aux 3 questions « qui tuent » et se demander si l’aventure que l’on a vécue ne mérite pas plus que ces 3 questions : « alors c’était comment ? » « Quel pays as-tu préféré ? » « Et il ne t’est rien arrivé ? »
  • Rentrer chez soi après une soirée et avoir l’impression d’en être passée à côté
  • Se rendre compte que l’on vit dans une société individualiste, égo-centrée et se sentir bien isolée
  • Parler à des répondeurs, des ordinateurs et avoir l’impression que la vie virtuelle prend le dessus sur la vie réelle
  • Se rendre compte qu’être là ou ailleurs, c’est pareil voire c’est plus sympa d’être ailleurs parce qu’au moins là-bas des inconnus ont la curiosité de s’intéresser aux autres pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils peuvent apporter. Les échanges sont riches, moins nombrilistes
  • Se lever chaque matin et avoir envie d’acheter un billet d’avion pour partir n’importe où mais ailleurs, là tout de suite maintenant et surtout ne pas revenir
  • Se coucher et se dire que demain ressemblera malheureusement à aujourd’hui et que l’imprévu fait malheureusement place à la routine, à l’organisation, à cette vie rangée et normale que j’affectionne si peu mais à laquelle il faut s’adapter
  • C’est rentrer et se rendre compte que rien n’a changé, que tout est comme avant, à la même place, avec les mêmes angoisses et les mêmes problèmes
  • S’entendre dire qu’on a passé un an en vacances et se dire que personne ne peut comprendre ce qu’on a vécu
  • Se sentir étranger chez soi
  • Se prendre de plein fouet le stress de la vie quotidienne des autres et ne pas comprendre pourquoi tout ce stress
  • Prendre des risques dans l’orientation de sa nouvelle vie et être jugée
  • Se sentir plus seul(e) en France qu’en un an d’aventures en solo sur les routes du monde et se dire que les rencontres sont plus évidentes sur la route que chez soi

La légende n’en est donc pas une…

Heureusement, dans tout ce marasme, certains ont su me comprendre, ne pas me juger et accepter que je revienne différente. Ils ont été là et je les en remercie. J’espère en avoir aider certains avec ma force et mon recul, à réfléchir au sens de leur vie et peut-être envisager leur avenir différemment.

A tous ceux qui sont encore sur la route, sachez que rentrer c’est prendre conscience et de façon assez rapide et brutale, de tous les changements que ce voyage a opéré en vous ! La difficulté est de se retrouver UNE place et peut-être pas SA place. De trouver le recul nécessaire pour se dire qu’on ne peut pas en vouloir à la société d’être ce qu’elle est et de reprocher aux autres d’être ce qu’ils sont. C’est nous qui avons changé et c’est à nous seul de trouver la force pour se réacclimater dans un pays où rien n’a changé ou presque, où la prise de risque est quasi nulle ! Il faut apprivoiser le temps et éviter de retomber soi-même dans ce piège de l’individualisme, de l’anxiété, du stress. Il faut essayer de se souvenir quotidiennement de toutes les leçons de vie acquises au long de son voyage pour s’aider à surmonter l’épreuve du retour.

Je repense souvent à tous ces sourires en Asie. Je me souviens des enfants de Yanapai au Pérou et de leur envie de se surpasser pour gagner un stylo Bic. Je me souviens des échanges avec le directeur de l’école de Kadaikanal en Inde. De son envie, à sa petite échelle, de donner une bonne éducation à quelques enfants et peut-être demain en sortir un ou deux de la misère. Je me souviens de la sérénité des moines birmans alors qu’il y a quelques années ils étaient au coeur du conflit qui les opposait à la junte militaire. Je me souviens de mes 5 jours à Valparaiso au Chili dans une petite pension tenue des hommes au coeur incommensurable. Je me souviens de cette femme au Cambodge qui gagnait 40$ par mois et qui suivait quotidiennement des cours d’anglais en se disant que grâce à cela demain serait meilleur qu’aujourd’hui. Je me souviens de ce porteur au Népal qui avait plus 30 kg sur son dos (alors que la loi n’en autorise qu’une vingtaine), la faute à des touristes peu scrupuleux. Le voir peiner et comprendre qu’il ne gagnera que 3$ par jour pour ce travail pénible. Je me souviens de cette vieille femme en Inde qui m’a offert deux bracelets pour lui avoir laissé ma place dans le bus. Je me souviens de toutes ces personnes qui m’ont accueillie, accompagnée le temps d’une journée, d’une soirée, de quelques jours.

Je me souviens et je relativise.

Bientôt 9 mois que je suis rentrée. Les moments de solitude et le décalage s’estompent mais l’envie de repartir est toujours là. Pour palier à ce mal-être du retour et l’incompréhension de mon entourage, je vois régulièrement d’autres voyageurs au long cours, eux aussi de retour en France, eux aussi parfois déphasés. Le temps d’une soirée, nous partageons nos aventures. On se comprend et on ne se juge pas. Ces rencontres me permettent d’équilibrer ma vie et de parler de mes aventures sans reprocher à d’autres de ne pas s’y intéresser, de ne pas me comprendre ou de mal interpréter mes maux.

Si vous vous reconnaissez dans instants de vie, dans ces mots et que vous aussi vous vous sentez en décalage, avez besoin de revivre un peu de votre aventure, de parler à des gens qui vous comprennent, venez rejoindre le Cercle amateur des voyageurs au long cours anonymes. Nos rencontrent se passent à Paris alors si vous êtes dans le coin et que l’envie vous dit, n’hésitez pas à m’envoyer un mail et l’adresse de votre blog si vous en avez un et je ne manquerai pas de vous inviter à notre prochaine rencontre.

A très vite.

Update 31 août 2012 : le cercle des amateurs s’est transformé en association Les Passeurs d’aventures et nous organisons des ©Apérovoyageurs à Paris et en Province. Pour tout savoir, il suffit de se connecter à la page Facebook ou au compte Twitter @PassDav

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38 Commentaires

  • très intéressant ton post! je suis rentrée d’un long voyage de 16 mois depuis cinq mois (je précise pour ceux qui ne me connaissent pas…) alors forcément, je me retrouve dans certains points, d’autres moins. Chacun vit forcément son retour de manière différente! Mais c’est sûr que je n’aurais pas pu rentrer juste avant Noël. Cette fête symbolise à l’extrême les excès d’une société de consommation complètement vide de sens où il faut absolument consommer et acheter pour montrer aux gens qu’on les aime!! Les preuves d’amour se comptent en euros au pied du sapin… Les voyages au long cours comme on les a fait montrent que le « secret » du bonheur ce sont les liens sociaux et les rapports avec les gens et non les possessions matérielles… qui ont d’ailleurs tendance à rendre les gens méfiants, égoïstes et refermés sur eux. Du coup, forcément, en rentrant, on se sent complètement en décalage. Mais sinon, pour moi, le retour se passe plutôt bien. Mais c’est vrai que j’ai la chance de faire un travail qui me plait bien et me permet de m’évader derrière mon ordi. j’ai aussi apprécié de retrouver le confort d’une vie sédentaire, avec un bon lit, une douche et des toilettes propres, des belles chaussures dans mon placard… Le bémol pour moi serait peut-être « les retrouvailles » avec les amis d’avant. Je me rends compte que j’ai du mal à restaurer les liens. C’est pas toujours évident, de revenir changée, alors que finalement les autres n’ont pas changé. J’ai envie de les revoir, mais je ne sais plus trop comment recréer les liens…

  • J’ai pas fait le tour du monde, mais pour avoir vécu à l’étranger, je sais que le retour et la réadaptation peut parfois être difficile. On se sent chez soi au deux endroits, mais finalement, nulle part…

  • Je viens souvent lire tes articles et c’est la première fois que je commente je crois.
    Merci pour cet article, je crois que finalement, le mieux, c’est avant et pendant, la phase de retour n’étant que très difficile… Nous sommes encore dans la phase de « avant », nous entendons bien des gens nous enviez rapport au fait qu’on a « la chance de partir un an en vacances », c’est triste de s’entendre dire ça, surtout APRES leur avoir expliqué notre projet, le pays où on va, etc… J’avoue qu’on redoute le retour beaucoup plus que le départ car on sait que le décalage va être encore plus important qu’il ne l’est déjà avec la société dans laquelle on vit. Mais c’est comme ça!
    On peut faire partie du club avant de partir? 🙂 (enfin on est pas sur Paris, mais on va y passer plusieurs fois d’ici le départ)

  • Ce cercle est une excellent idée, car c’est vrai qu’il est bien difficile de rentrer.
    Nous avons été expat plusieurs mois il y a quelques années, et le retour est le même. Pour y pallier, nous partons chaque année au moins un mois en vacances en Asie ou ailleurs, mais loin, et on a tout fait pour avoir des jobs qui nous le permettent, ce qui n’est pas toujours facile.
    Bon courage en tout cas 🙂

    • @ Laure : Merci pour ce nouveau passage et ce premier petit mot. J’ai hâte de lire vos aventures en Inde, ce pays est tellement envoutant. Je vous souhaite autant de rencontres et d’instants de vie que ce que j’ai vécu en seulement deux mois. Je réfléchis sérieusement à y retourner un de ces jours… A voir ! En tous cas, bonne fin de préparatifs à vous deux et moi aussi j’irai réagir à vos posts 🙂
      Pour le cercle, vous êtes les bienvenus… Mais la date de septembre n’est pas encore fixée !

      @Sarah : Ah oui forcément rentrer à Noël, ça complique un peu les choses et je te rejoins sur les excès de cette fête qui sont à l’opposé de ce qu’on a vécu durant ces mois sur la route. Dans mon cas ce qui a compliqué les choses et que n’avais pas de maison. Je vivais chez les uns et chez les autres et j’ai vécu des moments difficiles à gérer. ça complique encore plus la donne… Après j’ai dû face à des agents immobiliers qui n’ont pas voulu me faire confiance parce que tu n’avais qu’un CDD et qu’en plus je n’avais pas commencé à travaillé. Autant te dire que l’envie de reprendre un avion direct pour n’importe où mais ailleurs se fait sentir quotidiennement. Bref je n’ai pas eu le meilleur retour du monde et je crois que dans ma tête, contrairement à toi, il n’était pas encore l’heure de rentrer. Depuis que j’ai un chez moi, ça va beaucoup, beaucoup mieux !
      Les amis c’est aussi un grand sujet… On début on se dit qu’ils ne peuvent pas comprendre et le temps passe puis recréer des liens se complique. Je n’ai malheureusement pas la solution…

      @Gaelle et Estelle : j’ai vécu aussi un an à l’étranger il y a longtemps et les problèmes de réadaptation sont similaires à ceux du voyageur au long cours. Dans le cas de l’expatriation, on laisse un bout de vie à un endroit avec de vrais amis, une vie sociale. Dans le cas d’un voyage au long cours, les rencontres sont éphémères mais les relations tout aussi fortes. Dans les deux cas, je pense que la nostalgie nous envahit.

  • Très bien résumé, que rajouter d’autres ?

    J’ai la chance avec mon travail de pouvoir cumuler pleins d’heures supplémentaires pendant l’été (environ 250 soit 2 mois et demi) et ainsi les poser en plus de mes congés payés de 5 semaines et ainsi pouvoir compléter par du sans solde afin d’être libre pour voyager durant 4 mois. Je reste ainsi embauché en CDI tout en voyageant.

    Le pied non ? Malgrè cela, chaque retour est difficile et j’ai du mal à me concentrer au boulot et ne suis pas en addéquation avec notre société. Je pense que le voyage en moyen ou long court est une drogue et que l’on est obligé de repartir à un moment ou un autre afin d’éviter de péter un plomb.

    L’idée de créer ce groupe et très bonne et vous pouvez me compter dans les rang. Certains WE ou je ne me sentais pas au top, je m’inscrivais à certains meeting couchsurfing dans le groupe Paris afin de reparler les langues étrangères et de voyage.
    Heuresement que je suis désormais en région parisienne car je pense qu’un retour en province doit être plus dure à gérer car ce genre de sortie sont très rares.

  • Excellent article Adeline!

    Tu as bien résumé la chose!

    Deux choses de certains:
    -le retour, c’est toujours plus ou moins difficile si tu as vraiment apprécie ce genre de trip.
    -il n’y a que le temps pour que les difficultés de retour s’estompent. Tu sais, l’homme a une grosse faculté d’adaptation. Aussi, avec le temps, on se réadapte à une vie moins intense. C’est une chose + ou – selon la façon de voir les choses…

    Mais pour certains, cela les changent vraiment et un retour en arrière est difficile, ou il faut beaucoup de temps.

    Perso, cela a été difficile à chaque retour de mes voyages au long cours. Quoique cela va peut-être mieux…

    Le plus facile pour un retour: reprendre un boulot que tu aimes comme Sarah. Tu as pas le temps de te poser des questions, tu te remets tout de suite dans le bain. C’est mieux. Idem si tu récupères ton logement. Aimer son boulot, c’est quand même l’essentiel!

    Tu penses à moi pour les questions?:-)

  • Magnifique article

    En ce moment je suis a l aeroport de sydney et apres avoir visite la Papouasie avec les gens les plus accueillants de tt les pays visites, ton article est extremement parlant et ne me donne pas envie de rentrer en France avant longtemps.

    En vivant tres tres simplement et en cherchant a vivre avec les locaux en echange d’un coup de main dans le jardin, je sais que je peux voyager pratiquement toute ma vie.
    Certains seront jaloux. Ils diront que j ai de la chance ou que je suis faignant. Je leur repondrai qu’ils peuvent faire exactement ce que je fais

    j aimerais assiter au `Cercle amateur des voyageurs au long cours anonymes` mais je suis pas sur d etre a paris avant 2 ou 3 ans

    courage avec ta nouvelle vie

    • Quel choc cela doit être d’arriver à Sydney après la Papouasie… Bon courage si tu restes en Australie et bonne route pour les semaines, les mois et les années à venir…
      Au retour et si je suis encore dans le coin (pas sûr quand même que je reste longtemps à Paris), tu seras le bienvenu dans notre cercle.

  • Hello,
    Merci pour ton post, il est vraiment top !! Ayant traversé l’Afrique avec un pote en 4L sur 6 mois et revenu il y a tout juste un an, je me retrouve dans pas mal de tes points (dans une moindre mesure puisque je ne suis parti que 6 mois) que tu soulignes avec une terrible justesse. Le plus terrible reste que finalement, un an plus tard, les souvenirs de voyage que l’on a le plus en tête sont les souvenirs que l’on raconte le plus. Et les souvenirs que l’on raconte le plus sont les souvenirs qui répondent aux questions assassines « c’était quoi le mieux? » « le plus beau pays? »… que tu détestes tant !!
    Il est vrai que la question qui te reviens finalement le plus est « Pourquoi je suis rentré?? »
    Je n’ai pas encore lu tout ton blog, mais d’avance, merci pour tes remarques, et pour me faire partager ce beau voyage.
    PS: Si tu peux me tenir au courant sur mon site pour ton cercle, je suis preneur !!!

  • Je ne suis jamais partie plus de 3 mois, pourtant ton article me parle car comme tu le dis, la vraie difficulté vient du changement qui s’est opéré en nous, à travers les rencontres, l’expérience et le quotidien sur place.
    A mon retour du Togo (où je n’ai passé qu’un mois pourtant, volontaire dans un petit village), j’ai eu beaucoup de mal avec la société de consommation et avec l’individualisme qui règne chez nous. Depuis quand je pars, je prépare quelques petits « trucs » pour le retour. Comme la présence à l’aéroport d’uniquement un copain qui comprendra ce que je vais lui dire, sans juger. Le temps de pause chez moi, au calme, avant d’affronter la famille (qui me voit plus comme une cinglée qu’autre chose), etc.
    Mais quoiqu’il en soit, plus les voyages se multiplient et plus l’envie d’un départ pour un looooong voyage se fait sentir.
    Désolé pour ce roman pour mon premier commentaire. C’est la faute d’Evertkhorus qui dit du bien de toi.

    • Merci pour ce roman et d’avoir fait un passage ici, tu es la bienvenue et tout commentaire enrichit ce blog !
      Je comprends tout à fait ce que tu dis. Que l’on parte 1 mois ou 1 an, quand on s’isole dans un pays loin de toute société de consommation le retour est dur dur et l’individualisme saute aux yeux ! Il faut effectivement se trouver des petites techniques anti-blues ! Les tiennes me plaisent bien !!!!
      Au passage merci à Evertkhorus de parler de moi, c’est sympa !

  • Bonjour Adeline,

    Ton article m’a rappelé pas mal de souvenirs… Le retour de mon premier voyage au long cours a été, comme tu le racontes, particulièrement éprouvant. Cette sensation de décalage, de « qu’est-ce que je fais ici ? » et cette envie folle de repartir tout de suite… Nous étions deux, cela a facilité les choses, mais quand même.

    Pour le deuxième retour, nous savions à quoi nous attendre. Qui saurait comprendre et qui ne le saurait pas. Avec qui il n’était même pas envisageable de raconter notre voyage et avec qui nous pouvions savourer un thé à la menthe ou un couscous en revivant nos traversées du Sahara.

    Après, il y a eu encore d’autres voyages. Et plusieurs expatriations. Les retours sont devenus faciles parce que nous ne les vivons pas comme un retour (en arrière ?) mais le début d’une nouvelle tranche de vie. Avec des projets.

    Trouver de nouvelles raisons d’avancer n’est pas forcément évident, mais c’est le plus efficace. Pour moi, en tout cas ! Et puis le temps, bien sûr, adoucit beaucoup de choses, sans effacer le décalage.

    En tout cas, bonne idée, ce cercle 😉

  • Qu’est ce que je me sens moins seul en re-lisant et surtout les commentaires !

    Fabrice a bien résumé: l’homme a une grosse faculté d’adaptation, et même si cela demande du temps, l’expérience et le recul acquis est censé nous aider à nous remettre dans le bain.

    Simon Dubuis (un spécialiste en trek longue durée) dit bien que son travail n’est pas une passion mais lui permet de vivre ses rêves. Et je crois que c’est cette démarche là qu’on doit avoir.

    J’avais déjà lu cet article à sa sortie fin août et bien que je comprenais entièrement tes écrits, il ne me fait pas le même écho que maintenant. J’étais déjà parti vivre 4 mois au Danemark et à mon retour, j’avais changé mais pas le reste. Ca a été difficile mais j’en suis sorti « grandi ». L’été dernier, rien que 3 semaines dans l’europe de l’est post soviétique en mode « arrache » a été la plus belle aventure de ma vie et pourtant on est pas bien loin du monde occidental. Et bien que je sois redescendu du nuage, je vois tout différemment, je façonne dorénavant ma vie différemment, et c’est assez long à intégrer, à s’y habituer si on veut. Je veux tout réapprendre avec un oeil neuf sur la vie, les choses, les gens et ôter tous les apriori, préjugés auxquels la société nous a formés.

    Sinon, je passerai bien vous voir dans une de vos rencontres du « Cercle amateur des voyageurs au long cours anonymes. » même si je n’ai pas vraiment fait de voyages au long cours.
    Un mail et c’est ça ?

    • @Emmanuel : Merci pour ton message. Il n’y a pas besoin de partir loin ou longtemps pour se sentir décalé au retour. C’est juste la façon dont on voyage et les rencontres qui font que nous voyons la vie différemment en rentrant.
      Nous n’avons pas encore prévu de prochaine rencontre de voyageurs mais envoie-moi un mail avec tes coordonnées via le formulaire contact de mon blog et je t’ajouterai à la liste.

  • Re,

    j’avais oublié de te demander un truc en lien avec le post.
    En faite avec ton expérience TDM comment as tu mieux géré ton retour de Thaïlande ? t’es partie 3 semaines c’est ça ?

    Sinon, effectivement, il y a peut être même pas besoin de voyager, mais juste de sortir et inconsciemment de vouloir sortir de sa « vie » histoire de se prendre des claques !

    Sinon pour le cercle, t’as mes coordonnées maintenant ^^.

    • @Emmanuel : Je n’ai pas vraiment eu de mal de me remettre de mon mois en Thaïlande. Je crois que j’ai fait la part des choses dès le début, je savais que j’allais rentrer un mois après et je me suis mise en condition dans ce sens même si honnêtement je serais bien restée. Avec le (petit) recul, j’ai comme l’impression que ce voyage m’a permis de tourner la page de mon tour du monde en je m’en doutais un peu. J’avais un besoin vital de repartir pour passer à autre chose, entamer un nouveau chapitre de ma vie et celui-ci commence maintenant. Je ne sais pas encore de quoi il sera fait mais place à l’avenir et j’espère qu’il sera dans le monde du voyage et de l’écriture !

      Le voyage fait partie de ma vie et c’est vrai qu’aller voir ailleurs ce qu’il se passe me remet les idées en place !

      Pour la soirée des voyageurs, je te fais signe dès qu’on en recale une 🙂

  • Bonjour,
    je viens de découvrir ton blog et je l’ai lu avec plaisir ainsi que les comentaires.
    Après un voyage,pas ceux en tour opérator et que les gens appellent « package »;le retour nous donne l’impression « d’etre à coté »,difficle d’expliquer ce que l’on a vécu à des non voyageurs!
    Souvent avec des gens rencontrés lors du voyage on crée des liens d’amitiés très forts.
    j’aimerai bien venir à une soirée du « cercle des amateurs de voyage au long cours »
    amitiés

  • Bonjour,
    Premier commentaire sur ce blog que je viens de découvrir et dont j’ai déjà parcouru quelques pages.
    Je me retrouve beaucoup dans tes articles en général et dans celui-ci en particulier.
    Nous sommes partis pendant presque 8 mois autour du monde (avec pas mal de destinations communes) et le retour est douloureux. Bien que rentrés en avril dernier l’envie de repartir est toujorus aussi forte et le décallage est difficile a surmonter. J’ai changé, je ne pensais pas, mais j’ai changé… et les relations avec les personnes restés en France ont elles aussi changés.

    Je regrette (pour une fois) de ne pas vivre sur Paris pour venir de temps à autre aux voyageurs anonymes…

    On a déjà prévu de repartir… et j’essaie en attendant de continuer à m’enrichir en apprenant plein de nouvelles choses… et en accueillant des voyageurs en couchsurfing dès qu’on le peut a la maison pour ecouter leurs histoires…

  • Bonjour !
    Ah ce fameux retour !
    Pour nous re situer un peu, nous sommes une famille de voyageurs au long court (Tour du monde en 2008-2009, puis Road Trip de 5 mois en 2011).
    Pour nous la question du retour, c’est avant tout une histoire de « Projet » ! On part, on a un projet qui nous anime (avant et pendant), il faut avoir un projet pour le retour ! C’est cette petite flamme « Projet » qui nous fait vivre.
    Je rejoins plusieurs posts : si on retrouve un boulot au retour (et qui en prime nous plait), ça aide beaucoup.
    De même pour le logement. Car comment revenir dans un pays qui est le notre si nos repères au quotidien sont bousculés ?
    Pour ce qui est de l’expérience dont tout le monde veut entendre parler … 3 minutes (soit les 3 éternelles questions dont Adeline a parlé), mais dont personne n’a envie de re-parler : on se retrouve seuls à vouloir ressasser nos souvenirs si précieux pour nous.
    Pour l’idée du cerce, c’est ainsi que nous avons souvent des tour-du-mondistes à la maison pour un barbecue, entre voyageurs, on se comprend.
    Pour finir, j’adore la ville de Paris, et suis capable (même avant le voyage), de sourire en observant la vie dans la ville … observer ma ville avec le recul d’un étranger, être bien, se sentir à sa place dans ce bonheur éphémère.
    Bon(s) voyages à tous.

  • Salut!
    Je viens de lire ton article et je me retrouve dans plusieurs points. je n’ai pas encore fait mon tour du monde, le départ n’est prévu que pour octobre. mais j’ai passé une année « d’étude » en Irlande et j’avoue que le retour a aussi était difficile. Le plus dur a été comme l’a dit Sarah, les relations avec les amis. On les aimes, on les retrouves, mais ils parlent de choses qu’on n’a pas vécu, d’histoires qu’on a pas suivit. Sans forcément avoir changé (car l’irlande est pas très différente de la france), on n’est plus la même qu’avant pour autant. On est déphasé, perdu entre un monde qu’on aimerai retrouver mais qu’on sait avoir perdu (les études sont finies, les personnes rencontrées parties). On a envie de parler de ce qu’on a vécu, mais les gens ne sont aps aussi receptifs qu’on le voudrait. Ce n’est pas forcément leur faute, ils n’arrivent juste pas à se mettre à notre place, parce que eux « n’auraient pas eu le courage de partir ».
    Le retour permet néanmoins une chose, de faire le tri entre les personnes qui nous aiment vraiment et les autres. Beaucoup de gens que je cottoyais avant mon année à l’étranger ont disparu de mon entourage à mon retour. ça fait un peu du large et on peut donc se concentrer sur les vrais amis, ceux qui sont là pour nous aider à nous réaclimater à cette nouvelle vie.
    Je n’ose imaginer ce que sera mon retour en 2013, maintenant que nous sommes mes amis et moi, dans la période « mariage/bébé ». Ce que je sais, c’est que s’ils n’ont pas eu le courage de le faire, ils en auront peut être le regret, moi pas. Et c’est la seule chose à retenir.

  • Bonjour Adeline,
    je te lis souvent et moi aussi pour la première fois je réagis
    j’ai grandi à l’étranger, en sautant d’un pays à un autre
    je vis en France depuis une trentaine d’années, et ne repars plus que pour les grandes vacances ( j’ai deux mois de vacances l’été : je suis enseignante)
    grandir à l’étranger,me frotter à d’autres cultures, m’a beaucoup forgée, cela a modelé ma manière de voir les choses
    je me retrouve dans ce que tu racontes de ta philosophie de vie, de ton recul et de ce décalage parfois entre nos compatriotes et nous.
    Plus que tout moi ce qui me heurte c’est le côté râleur….
    j’ai vu tellement de cultures, de gens vivre avec bien moins, plus simplement et toujours avoir le sourire que ça me choque encore des décennies après
    pour le côté individualiste des gens j’ai la chance de vivre dans un petit village où tout le monde fait attention à l’autre
    les gens que tu croises te disent bonjour même si tu les connais pas
    ça aide beaucoup j’imagine
    j’ai aussi un grand recul sur notre société française, ses habitudes, les choses qui semblent figées dans les mentalités parce que cela semble normal à tout le monde, alors que cette normalité est tout autre ailleurs
    je me retrouve aussi dans cet envie d’ailleurs
    j’ai cessé de voyager de manière permanente pour fonder une famille, j’avais besoin de planter mes racines ( je n’en avais vraiment pas et je crois que c’est nécessaire d’en avoir au moins un tout petit peu)
    et j’étais tout le temps attiré par cet ailleurs
    c’est mon mari qui m’a fait sentir que cet ailleurs dont je rêvais c’était peut être ici et maintenant
    il est très philosophe dans sa manière d’être et effectivement j’ai trouvé qu’il avait raison : à rêver d’ailleurs tout le temps finalement on n’est jamais ici et maintenant
    enfin chez moi ça se manifestait ainsi :
    tout le temps entre deux cultures, toujours la fille d’ailleurs pour les uns et les autres
    là mes enfants ont grandi et cela me travaille à nouveau
    pas pour un voyage au long cours mais je réfléchis à comment apaiser cette soif de voyage sans lâcher mon boulot ( que j’adore) et ma famille trop longtemps
    je pars en chantier internationaux l’été, découvrir d’autres cultures, me frotter à des gens de tous horizons, car cela me manque
    ça me fait un bien fou
    en fait je me demandais si pour être un grand voyageur finalement il ne fallait pas avoir de grandes racines, un enracinement dans une famille, dans une région…..je retrouve souvent cela autour de moi : ces racines qui donnent la force intérieure d’aller de l’avant, de partir découvrir le monde.
    maintenant je crois en effet que chaque retour est différent….que chacun vit différemment les choses
    en ce qui me concerne j’aime voir le bon chez l’autre, où qu’il soit, y compris en France
    et puis je dois dire que sans voyager certains, beaucoup autour de moi ont une grande sagesse, une grande âme
    la vie leur a appris beaucoup, sans qu’ils n’aient besoin de voyager
    donc je suis peut être plus indulgente que toi…mais peut être plus âgée aussi
    🙂
    merci adeline pour ce grand plaisir que j’ai à te lire à chaque fois
    🙂

  • Merci, je me sens moins seul. J’avais déjà eu cette sensation en discutant avec d’autres voyageurs ici et là, avant de revenir de mon tour du monde pour la première fois. Pour la première fois, parce que j’ai fait un touch-&-go comme on dit en aviation, j’ai posé les trains d’atterrissage et j’ai remis les gaz. J’ai pris plaisir à revoir mes amis et mes proches, en particulier parce que je savais que j’allais repartir à la fin du mois. J’avais besoin de me donner encore du temps pour moi, parce qu’en effet, quel bonheur de se lever et de se dire comme chaque matin, que j’ai la journée pour moi, j’ai la vie devant moi comme l’écrit Romain Gary.
    Merci donc pour ce témoignage, quand je serai de retour à Paris, je me joindrai sûrement à ce groupe de décalés. 🙂
    En attendant, durant ce petit tour d’Europe que je poursuis après la grande boucle, j’écris pour ne rien oublier. Je me dis – peut-être à tord – que j’aurai besoin de pouvoir me replonger dans ces journées sans objectif, ces semaines de rencontres heureuses, ces mois de vie. Et en écrivant, j’ai commencé à produire des « récits de voyage » (un terme un peu grandiloquent, mais bon) et deux petites nouvelles pour mettre en histoire tous ces sentiments mêlés que j’ai découvert, cette joie du laisser aller, ce goût pour le temps long, ce bouquet d’envies que j’ai redécouvert dans mes entrailles. La première nouvelle s’appelle Black Out (https://itunes.apple.com/fr/book/black-out/id584845849), elle parle de la déconnexion, la seconde Les Privilégiés (https://itunes.apple.com/fr/book/les-privilegies/id585171267), elle parle de la Belle Vie.
    Au plaisir d’échanger avec vous à mon retour!
    D’ici là, joyeuses fêtes. 🙂
    Marc

  • Quelle belle découverte ton blog !…tu as mis en mots ce que j’avais vécu il y a 38 ans lorsque je suis parti par la route, train, bus jusqu’en Inde à travers la Turquie, l’Iran, l’Afghanistant et le Pakistan. Ce bonheur de la rencontre, de la découverte dans la simplicité, la richesse de la différence et le retour que tu as si bien décrit…Et bien voilà, dans 8 jours je partirai en solo pour la 1ère fois depuis bien longtemps, après avoir fait des courts voyages, n’ayant que 5 semaines de congés annuels et pendant des années deux enfants à charge..J’ai voyagé à 2 reprises en Inde avec 2 amies, pas prêtes à ce dépaysement et à la rencontre de toutes ces diversités, et le voyage n’a pas été satisfaisant…Donc je repars en guise d’apéro à 2 mois de la retraite pour me dépayser, et passer à un autre univers après des années d’activités plus ou moins enrichissantes….Je suis convaincu que ce voyage à venir me conduira vers des changements qui me rapprocheront de qui je suis…!!!merci de m’avoir ainsi donné l’occasion de m’exprimer spontanément…

  • Salut Adeline
    j’ai bien lu toutes tes aventures de voyageuse au long court!
    cela fait envie mais j’avoue avoir la pétoche!
    Je suis dans une impasse actuellement autant professionnnelle qu’affective!
    Ca fait un moment que je pense a partir
    Ce que je redoute autant c(est lé départ bien sur et surtout le retour car je ne souhaite pas reprendre le meme type de vie , de boulot , de lieu etc
    Bien sur mon entourage ne m approuverait pas dans ce choix , je pense qu’il faut avoir une motivation trés forte l’état de jeunesse, bref suis je vraiment prete et faite pour ca?

  • Eh bien voilà un article riche en émotions. J’ai découvert votre blog il y a peu de temps et c’est le premier commentaire que je laisse ici. « J’espère en avoir aider certains avec ma force et mon recul, à réfléchir au sens de leur vie et peut-être envisager leur avenir différemment. » C’est grâce à des blogs comme le vôtre que j’en suis ici aujourd’hui. Et recevoir des « tu fuis la réalité » comme beaucoup de voyageurs entendent autour d’eux, et peut-être que c’est aussi votre cas, ne devrait pas vous faire oublier que c’est grâce à des gens comme vous que de plus en plus de personnes osent accomplir leurs rêves. Pas seulement de voyages bien sûr, ça ne fait probablement pas rêver tout le monde, mais plus il y aura de personnes remettant en cause les chemins de vie tous tracés, osant, prenant des risques, et plus les gens malheureux sauront près à remettre leur vie en question et à croire en leurs rêves, et à faire ce qu’il faut pour les transformer en projets. Je pense notamment à ma mère qui depuis 50 ans rêve de partir, et qui se donne encore aujourd’hui toutes sortes de limites qui ont l’air insurmontables à l’entendre, mais qui ne le sont pas quand on a un regard extérieur. Des angoisses profondes qui sont toujours là bien ancrées en elle après 50 ans. En tous cas merci de partager tout ça et de montrer qu’une vie de voyages est possible et que les principales limites qu’on a tendance à se poser ne sont qu’illusoires. A quoi bon exister si c’est pour ne pas se sentir vivant, à cause de la pression sociale et de la peur de prendre des risques, de « vivre » tout simplement…

  • Bonjour Adeline, Je n’ai pas eu d’autres sentiments que la peine, oui j’ai pleuré en lisant tes mots, comment pourrait il en etre autrement, quand moi je voyage pour fuir, croyant apaiser ma peine, croyant gommer les affres de la souffrance par « l autre ».
    Pour autant, qu’il est vrai qu’ailleurs l altérité est souvent une évidence, quand chez nous c ‘est un travail de longue haleine.
    Je suis actuellement au Barhain, me nourrissant du silence de mes habitudes, esperant de l’autre trop sans doute et fuir n ‘est ce pas aussi avoir peur d etre encore en demande de l’autre à son retour?

  • De nouveau je suis émue… Je me reconnais dans ce que tu dis, les larmes aux yeux… Je ne supporte pas la méchanceté gratuite, les insultes agressives, la violence d’ici en Belgique… Je ne supporte pas la saleté de la pollution… Je ne comprend pas les gens et ne me sens pas comprise. Je pense différament.
    Je rêve de partir ailleurs!
    Je pense aussi que les plus pauvres sont les plus riches, ils sont riches du coeur, de sentiments, de sourire, d’amis et de famille. Ils savent ce qui est important. Ils ont conscience des choses, ils profitent de tout. Ils relativisent.
    J’ai un plâtre depuis plus d’un mois et suis enfermée à la maison en attendant, les rares fois ou je suis sortie, je me suis sentie mal, agressée, par quoi je ne sais pas, par tout…

  • Je voyage beaucoup pour mon travail depuis 6 ans, je suis photographe. Quasiment jamais en France de septembre à mai mis à part peut être une semaine sur 4, pas vraiment le temps de réaliser que je suis déjà repartis. Les retours en été par contre sont eux très douloureux… L’été dernier fût vraiment horrible mais heureusement j’ai rencontré quelqu’un peu de temps avant… Je crois que je l’ai contaminé nous sommes maintenant sur la route depuis fin octobre. Nous n’avons pas prévu de rentrer pour l’instant et l’idée nous est assez insupportable… Je te comprends que trop bien.

  • J’ai lu votre article sur les conseils de ma meilleure amie. J’en ai eu les larmes aux yeux tellement je me suis reconnue dans ces mots. J’ai voyagé pendant 17 ans, non pas de façon aventureuse mas, pour le travail et, après quinze années de France, a être prise pour une débile instable sans ambition, je craque. Je cherche toutes les opportunités possibles pour partir mais, cette fois, je ne reviendrai pas. Fini la France pour moi. Trop d’égoïsme, trop de regards négatifs, trop de préjugés et trop, c’est trop. Je n’ai pas d’envie démeusurée : j’ai juste envie de vivre ma vie et d’être moi-même. Apparement, c’est encore trop demander. Merci pour cet article : je n’ai plus la sensation d’être complètement martienne. Au plaisir.

  • Ca fait vraiment du bien de lire tous ces messages, je ne suis pas la seule… et une fois de plus je me sens davantage comprise par des inconnus.
    Je me sens tellement agressee de toutes part depuis mon retour en france il y a presque 2 mois. Les sourires d’Asie me manquent, que les gens sont negatifs et fermes d esprit ici en France…
    Je me demande au fond si jarriverai un jour a « revenir »

    Je vous embrasse tous

    Emilie

  • Vraiment sympa cet article. Je trouve ça triste quand même qu’on ai ce sentiment dans notre propre pays. Beaucoup de gens se plaignent de leur quotidien mais ne le changeraient pour rien au monde. Nous on essaie 🙂

    Bon courage!

  • Je découvre cet article, qui fait du bien à lire. Qui fait prendre en effet conscience de oh combien nous nous attachons à du matériel…et pas à ce qui est important; Je n’ai jamais fait de tour du monde, mais je comprends bien le ressenti que tu as pu avoir…

  • Bonjour,
    j’ai découvert votre article grâce au groupe FB « Esprit voyageur en Asie du Sud-Est ». Nous sommes rentrés il y a 5 mois de Malaisie où nous avons passé 3 ans avec nos 4 enfants (à Kota Kinabalu, sur Bornéo)! Ecole anglaise avec des élèves de 26 nationalités différentes, la jungle à 2 heures de route, des pays fascinants à 2-3h de vol que l’on a visités pendant les vacances des enfants, des rencontres formidables, des gens d’une gentillesse inimaginable et forcément un retour difficile, parce que nous sommes marqués par cette expérience que peu de gens comprennent! Alors merci pour ce bel article où je retrouve bcp de nos sentiments!!!

  • Bonjour, je suis maman d’un voyageur au long cours, parti depuis 6 mois autour du monde avec sa compagne.
    Je viens de passer un moment inoubliable à lire ce billet.
    Tant de similitudes avec la personne qu’est devenu mon fils ! Ce changement est si brutal et si bluffant pour tous les proches restés au pays.
    Merci d’avoir si bien exposé ce ressenti du retour.
    Toutes les familles et tous les proches des voyageurs au long cours devraient lire vos mots (maux ?) afin de mieux appréhender le retour.
    Encore mille mercis.
    une maman impatiente d’être à ce jour d’octobre 2015 !!!

    • Bonjour,
      Claire vous ne pouvez pas savoir à quel point votre message me fait plaisir. Je savais que de nombreuses mamans de voyageurs au long cours passaient par ici, vous êtes la première à laisser un petit mot sur le blog (j’avais déjà eu sur Facebook) et j’en suis ravie. C’est vrai que le retour d’un voyage au long cours n’est pas facile, si les proches savent à quoi s’attendre et analyser nos maux, il en devient plus doux.
      Merci pour votre message qui me touche beaucoup.
      Adeline.

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