Accueil > Ma sélection de livres et récits de voyageurs

Ma sélection de livres et récits de voyageurs

par Adeline

Quand une pandémie nous cloue au sol, il nous reste les récits de voyage pour s’évader. Des aventures les plus folles aux questionnements sur le voyage aux XXIème siècle, parcourant le monde à pied, en stop, à vélo ou à la voile, ces hommes se sont lancé le défi de vivre leur rêve et par leur récit d’être le témoin d’une époque ou d’un monde qui leur ressemble. Voici ma sélection de livres d’écrivains voyageurs et d’aventuriers qui sera enrichie au fur et à mesure de mes lectures. Tous offrent une bonne dose d’inspiration avant soi-même de partir à l’aventure en tour du monde, en voyage en solo ou en famille.

Note : ne soyez pas offusqué.e de ne trouver dans cette liste aucun récit d’aventurières, je leur dédie un article qui sera en ligne prochainement.

Julien Blanc-Gras, le touriste comme vous et moi

Julien Blanc-Gras est journaliste de voyage et depuis ses plus jeunes années, a les yeux tournés vers ses atlas et l’ailleurs. Il aime partir à la rencontre des pays qu’il traverse et en écrire des histoires. Dans Touriste, il nous offre une série de nouvelles et une galerie de portraits de ses rencontres, rapportées de ses voyages aux quatre coins du monde.

Voyageur comme vous et moi, il se présente ainsi :

Je n’ai pas l’intention de me proclamer explorateur. Je ne veux ni conquérir les sommets vertigineux, ni braver les déserts infernaux. Je ne suis pas exigeant. Touriste, ça me suffit.

Le touriste traverse la vie, curieux et détendu, avec le soleil en prime. Il prend le temps d’être futile. De s’adonner à des activités non productives mais enrichissantes. Le monde est sa maison. Chaque ville, une victoire.

Le touriste inspire le dédain, j’en suis bien conscient. Ce serait un être mou, au dilettantisme disgracieux. C’est un cliché qui résulte d’une honte de soi, car on est toujours le touriste de quelqu’un. Rien n’empêche de concevoir le tourisme comme un cours de géographie à l’échelle 1, et la géographie comme le terreau de toutes sciences humaines. Sous les cartes, les hommes. La dynamique du monde ne s’appréhende pas en restant dans un fauteuil. Il faut que j’actionne mon mouvement perpétuel. Je ne dois pas traîner, des civilisations s’écroulent au moment où j’écris et d’autres émergeront à la fin de cette phrase. Elles nous tendent les bras, je n’ai rien de mieux à faire que de leur rendre visite. Ma place dans le monde, je l’inventerai à chaque pas.

Julien Blanc-Gras, Touriste

A travers ces nouvelles autobiographiques issues de ses voyages professionnels ou personnels, Julien Blanc-Gras nous emmène tour à tour dans les favelas brésiliennes, essayer de comprendre le conflit israélo-palestinien, dans une scène torride au Guatemala, visiter la Polynésie, Madagascar ou le Mozambique. Au total ce sont 16 nouvelles et interludes qui vous attendent et un joli tour du monde à faire depuis votre canapé.

Alors qu’il est en Polynésie, sur ces îles que nombreux qualifient de paradis sur terre, il écrit “le paradis n’a pas d’adresse. Il se déplace à la surface de la planète pour offrir des moments furtifs à ceux qui savent les saisir”. Et ce sont ses paradis qu’il nous offrent dans ses nouvelles.

Quand il critique les clubs “tout inclus” en Tunisie, il temporise “Soyons clairs : les adeptes du tourisme canalisé sont dans leur plein droit. Ils triment dur toute l’année, ils méritent bien d’aller reposer leur cerveau en pension complète. Mon sac à dos et ma solitude ne me confèrent aucune supériorité morale sur le troupeau”.

Touriste – Livre de poche – Prix conseillé 7,70€

Il résume aussi assez bien les états par lesquels nous passons nous autres voyageurs : “il est toujours un moment dans la vie du voyageur, où, passée l’euphorie béate de la découverte, on se surprend à maudire la population locale. Pour sa lenteur, l’aberration de l’organisation, les trous dans la route, la chiasse, bref, pour de mauvaises raisons. Ça passe vite, c’est dans le processus qui conduit à l’amour éternel d’un pays.”

Julien Blanc-Gras, c’est un voyageur que l’on pourrait rencontrer dans n’importe quel hostel du monde et qui n’aspire qu’à une chose : vivre ses rêves.

J’exige le respect pour mes rêves, aussi insensés puissent-ils paraître. Un fantasme, ça ne se discute pas. Untel veut devenir une star, un autre posséder un yacht ou coucher avec des soeurs jumelles. Je veux simplement aller à Lusaka. Et à Thimbu. Et à Valparaiso. Certains veulent faire de leur vie une oeuvre d’art, je compte en faire un long voyage.

Julien Blanc-Gras

Mon avis sur Touriste de Julien Blanc-Gras

J’ai lu ce livre à sa sortie au retour de mon tour du monde, et je l’avais beaucoup aimé. Je viens de le relire pour vous en parler dans cet article et je l’aime toujours autant. Julien Blanc-Gras est curieux et rapporte le monde tel qu’il l’observe : simplement, avec recul, humour, dérision et sans langue de bois. Chaque nouvelle est un voyage. Il nous embarque dans des situations que tout voyageur a vécu un jour ou l’autre et trouve toujours les bons mots pour les qualifier. En lisant ce livre, je me suis revue fêter Shabbat à Pushkar, traîner dans les rues de Bombay, dans un avion avec une voisine alcoolique ou dans un club en Tunisie avec “lallemandenshort”. Ses rencontres m’ont rappelées les miennes et je me suis évadée. Si vous cherchez une lecture légère qui vous fasse voyager, c’est le livre qu’il vous faut ! Par contre, il vous donnera envie de chausser vos baskets, prendre votre sac à dos et de partir à la la rencontre de ce monde qui nous manque tant à l’heure de la pandémie.

Cédric Gras – Comment découvrir la terre au XXième siècle ?

Cédric Gras est un géographe, écrivain voyageur aux nombreux récits. Russophile, son territoire de prédilection est la Russie et vient d’obtenir le prix Albert Londres du livre pour son dernier essai Alpinistes de Staline. Dans Saisons du voyage, il revient sur ses nombreux voyages et à travers ceux ci, s’interroge sur la découverte du monde au XXIème siècle.

Ceux de mon âge ont connu leurs premières errances à l’aube du XXIè siècle. Nous n’avions aucune chance. Nous sommes toujours arrivés après les réjouissances, dans les débris de bouteilles et les gueules de bois, sur les décombres des fêtes. Nos pères ont brûlé la chandelle par tous les bouts de la Terre. Ils ont fait flamber la planète. Partout où nous passons – aux confins de la Papouasie, sur les neiges du Ruwenzori -, la bringue est finie. Le voyage est défloré de son essence insouciante. Désormais : désillusion, conscience, urgence. Des enjeux critiques entravent les plus belles échappées. On ne part plus pour le panache et l’ivresse. Les bourlingueurs sont devenus graves. Ils alarment des vigies innocentes, des sentinelles un peu myopes et touchantes.

Cédric Gras, Saisons du voyage

Dans ce récit poétique où les mots sont extrêmement bien choisis, Cédric Gras nous emmène dans ses pérégrinations à travers ses continents de prédilection et nous livre ses réflexions sur la liberté, la solitude, la géographie, la beauté du monde et nous invite à ne pas nous voiler la face, à voyager en toute conscience.

A ceux qui s’interrogent sur le fait de voyager dans une dictature, il écrit “je découvrais qu’on pouvait condamner une politique tout en ressentant une profonde empathie pour ceux qui la servent. La pauvreté n’a pas de conscience”.

A ceux qui pensent que voyager, c’est la liberté, il leur répond, dans le froid des plateaux du Tibet : “Etourdissement de la liberté. On se fourvoie à son sujet. On imagine trop souvent qu’elle ne rime qu’avec “choisir”. On oublie qu’elle est d’abord l’absence d’entraves comme de remparts”.

Il s’interroge aussi sur ses rêves et sa vie de voyageur, toujours en marge de celle de ses congénères plus adaptés à une vie toute tracée. S’il se déclare être “un voyageur en retard” après avoir entendu de nombreuses fois “il aurait fallu venir il y a 10 ans”, il écrit aussi “il faut voyager avec son temps, sans ciller, sans abstraction du présent. Etre un voyageur du siècle”.

Mon avis sur le livre Saisons de voyage

A travers ses souvenirs du Tibet, de Mongolie, de Russie ou des Balkans dont l’Albanie, Cédric Gras nous emmène dans un voyage lyrique, poétique et plein de réflexions sur le voyage au XXIème siècle. Chaque chapitre, chaque page, chaque mot se déguste, se savoure. Ses interrogations nous invitent à réfléchir sur notre façon de voyager et ce que nous voulons faire de nos voyages. En cette période de pandémie mondiale, c’est un bon livre à lire pour réfléchir à demain, à nos prochains voyages. Un livre à garder dans sa bibliothèque, à lire et relire encore.

André Brugiroux, 6 ans en stop autour du monde

André Brugiroux est un vagabond. Parti en 1955 de France pour travailler, il n’y reviendra qu’en 1973, soit 18 ans après son départ. Dans son livre La terre n’est qu’un seul pays il raconte ses 6 dernières années de voyage, celles où il a parcouru 400 000 km en stop à travers les 5 continents.

Inconscient de mon audace, chevalier-pèlerin du Moyen-Âge, je commençais une longue quête, j’allais parcourir le monde, en route pour un grand et complet tour de moi-même. Chemin faisant, j’ai pris soin d’observer, de contempler les hommes et leur décor, j’ai pris le temps de cueillir les fleurs de ce que je crois être le vrai bonheur.

La Terre n’est qu’un seul pays, André Brugiroux

1$ par jour, voilà ce qu’avait prévu de dépenser André Brugiroux lors de son voyage autour du monde en stop. Parti dans un taxi londonien du Canada avec des comparses peu enclins à être si minimalistes dans leurs dépenses, il les lâche à Buenos Aires en Argentine pour poursuivre seul sa route en stop.

Durant son voyage, il connut la geôle au Costa Rica, la vie de hippie en Californie ou à Katmandou au Népal, le froid et la rudesse du voyage en Alsaska, la guerre au Cambodge et au Vietnam, la maladie au Pakistan et en Inde et les difficultés administratives pour obtenir des visas un peu partout sur la planète.

Dans La terre n’est qu’un seul pays, il raconte avec profondeur et sur fond de spiritualité, son quotidien de vagabond. Il nous livres ses merveilleuses rencontres, les plus fortuites, les plus exceptionnelles comme les moins belles, ses petites et grosses galères, ses coups de blues comme ses plus grands bonheurs.

La terre n’est qu’un seul pays – Géorama
Prix conseillé 19€

Aujourd’hui, le tour du monde n’est plus un exploit même si franchir les barrières des frontières demeure difficile. (…) Les clients de l’American Express le font en une ou deux semaines (mon budget de 6 ans n’y suffirait pas). Les pilotes de lignes voient, quant à eux beaucoup d’aéroports et d’hôtels d’escales. Les hommes d’affaires, commis voyageurs du monde industriel, les techniciens, les reporters courent la planète. (…) Les marins font le tour des ports du monde qui est un peu celui des “filles”. Mais mon tour du monde à moi est autre. C’est le tour des hommes, de leur misère, de leur savoir, de leur sagesse, de leur générosité et il me faudra encore de nombreux zigzags avant de l’achever.

La Terre n’est qu’un seul pays, André Brugiroux

Mon avis sur le récit La terre n’est qu’un seul pays

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre de près de 400 pages qui, au-delà de l’aventure extraordinaire de 6 ans en stop, est un réel témoin de ce qu’était le voyage à la fin des années 60 et au début des années 70, bien avant la technologie et les vols low cost. J’ai aimé la jolie plume, la générosité et la profondeur du récit qui replace toujours les faits dans leur contexte (histoire, guerre, etc…) sans jamais lasser ou perdre le lecteur. Cependant le côté spirituel de la philosophie Bahá’í, qui prône des valeurs comme l’équité, la paix entre les peuples, l’amour, dont André Brugiroux a découvert l’existence en Alaska et dont il est devenu un disciple durant son voyage, m’a vraiment pesée sur les deux derniers chapitres. Il est intéressant néanmoins de constater, avec ce récit de voyage d’hier, à quel point le monde d’aujourd’hui a évolué ou pas, sur les questions de guerres, de racisme, de problèmes liés aux religions, de technologie ou encore d’ouvertures de frontières.

Matthieu Tordeur, 51 jours seul à pied en Antarctique

Matthieu Tordeur s’est lancé le défi de traverser l’Antarctique pour rejoindre le pôle sud seul, à ski, en autonomie et sans assistance. En 2018, il devient le premier et plus jeune aventurier français à avoir rallier le pôle sud de cette façon. C’est cette aventure extraordinaire qu’il raconte dans son livre Le continent Blanc paru aux éditions Robert Laffont.

On naît tous aventuriers, et pourtant la vie, les obligations et la pression sociale incitent à s’enfermer dans une zone de confort, loin de l’imprévu. On cherche à faire carrière, à entrer dans la norme, quitte à mener une vie que l’on n’a pas véritablement choisie. Sortir de la cohorte devient de plus en plus difficile à concevoir quand la prévalence du bien être retient comme une ancre. Seulement, ce renoncement réveille des frustrations et des envie muselées, teintées de regrets.

Matthieu Tordeur, Le continent blanc
Le Continent blanc – Robert Laffont
Prix conseillé : 19€

Matthieu Tordeur n’en est pas à sa première grande aventure quand il s’envole de France pour sa traversée de l’Antarctique. Les conditions climatiques rendent ce projet plus singulier que les autres, un rêve qui pourrait sembler inaccessible pour beaucoup mais pas pour lui.

Sur fond de changement climatique, l’aventurier nous raconte jour après jour ses 1130 kilomètres qui le séparent de son objectif. Il nous fait part sans retenue de ses émotions, de ses galères comme de ses moments de joie. Il traverse les tempêtes, glisse sur cette neige lourde réchauffée par des températures trop hautes pour la saison mais tient bon. Sa détermination à aller au bout de son rêve, est le moteur de ce voyage intérieur où il tutoie ses limites face aux éléments et à la solitude.

A la même époque, ils sont 3 aventuriers à tenter l’exploit de traverser l’Antarctique en autonomie. Le français sera le seul à venir à bout de ce défi.

Je me découvre sous un jour nouveau, sans avoir le loisir de me défiler. La solitude me place devant mes forces et mes faiblesses. Mon voyage est autant géographique qu’intérieur. Ici, je suis seul, et paradoxalement je ne me suis jamais senti aussi proche des autres et de la nature. (…) C’est curieux de devoir s’isoler du monde pour se rendre compte de l’amour qu’on lui porte. Le voyage en solitaire est un chemin de persévérance qui mène vers une meilleure connaissance de soi.

Matthieu Tordeur

Mon avis sur le récit d’une aventure Le continent blanc

J’ai lu le récit de Mathieu Tordeur quasi d’une traite un jour d’automne au coin du feu, comme pour balancer avec le froideur de l’ambiance de ce récit de 51 jours par -30°. Les mots sont simples, fluides et le récit quasi quotidien laisse passer les émotions, les questionnements et introspections de l’aventurier. Même si cette aventure est inaccessible pour un être humain lambda, Matthieu Tordeur est un grand fou sachez-le, elle nous rappelle qu’avec un peu de volonté, de détermination, d’audace et de courage, chacun d’entre nous peut aller au bout de ses rêves. Quels qu’ils soient.

Si vous voulez en savoir plus sur les différentes aventures de Matthieu Tordeur, acheter son livre ou voir le film qu’il a rapporté de cette expédition en Antarctique, je vous invite à aller sur son site matthieutordeur.com.

François Suchel, Canton Paris à vélo

François Suchel est pilote de ligne chez Air France. Son rêve : suivre à vélo la ligne aérienne qui relie Canton à Roissy. Dans son livre Sous les ailes de l’hippocampe, il raconte son incroyable aventure de 8 mois en solo à bicyclette à travers la Chine, l’Asie centrale puis l’Europe.

On peut vouloir partir, parce qu’on n’a jamais voyagé. Moi, j’ai décidé de voyager parce que je suis trop souvent parti. J’ai parcouru le monde sans le voir.

François Suchel, Sous les ailes de l’hippocampe

François Suchel a parcouru le monde dans le cockpit des avions de la compagnie pour laquelle il travaille. Neuf millions de kilomètres au compteur, une vie de famille bien rangée mais l’envie irrépressible de voir la terre d’en bas. “Comment donner du sens à cette vie de passage, comment réconcilier la quantité à la qualité, gommer les décalages, éprouver les distances, renouer avec le temps des rencontres et de la connaissance ?” écrit-il dans le prologue de son livre.

8 juin 2010, il laisse sa femme et ses 3 enfants en France et s’envole pour Canton afin de vivre son rêve. Dans ce voyage à vélo où il suit par voie terrestre l’exacte tracé aérien de la ligne Canton-Paris. Avec l’aide de la chef d’escale d’Air France à Canton, il rencontre des contrôleurs aériens tout au long de son voyage en Chine, et traverse des zones désertiques où seule la balise radioélectrique utile à un pilote vient rompre la monotonie d’un paysage.

Il écrit alors “Voilà la concrétisation du rêve : être là où il n’y a rien à voir d’autre que ce qui a du sens pour un pilote passant sa vie à se déplacer. Etrange sensation d’apaisement face à cette structure métallique fine, presque fragile, maintenue par des câbles. Cet endroit désolé a une âme”.

Dans son récit, François Suchel nous livre les différents sentiments qui le traversent comme les joies de ses rencontres, ses doutes devant l’immensité du chemin à parcourir et les difficultés rencontrées, la culpabilité vis-à-vis de sa femme restée seule avec ses enfants, sa perception du voyage, l’importance d’être soi et d’aller au bout de ses rêves.

Etre soi-même, qu’est-ce que cela peut bien signifier ? A moins de naître et vivre retiré du monde, nous passons notre vie sous influence. Nous empruntons la vie des autres, ou à la nature, des lumières pour illuminer notre parcours. Les éclaireurs ne sont pas toujours les mêmes. Ils changent selon notre évolution. Mais nous vivons constamment inspirés par des figures tutélaires ou des lieux envoûtants.

Pour éviter que ces modèles ne se transforment en ombre envahissante, il est nécessaire de s’y frotter. Pour moi, cela signifiait connaître l’aventure nomade pour ne plus vivre par procuration à travers celle des autres.

François Suchel

Mon avis sur le livre Sous les ailes de l’Hippocampe

J’ai dégusté ce voyage qui nous emmène, dans près des deux tiers du récit à travers la Chine profonde, à la rencontre d’un peuple de labeur, tantôt accueillant, tantôt déroutant. François Suchel nous fait voyager avec lui dans ses joies, ses peines, ses galères, sa solitude, ses rencontres et ses interrogations. Le texte est profond, géographique et replace toujours les faits dans leurs contextes qu’ils soient culturels, historiques ou idéologiques. Un très bon livre à lire avant de partir en voyage en solo, que le vôtre soit sportif ou non. Les sentiments de solitude, de partage, de déchirement ou encore d’éthique y sont très bien décrits.

Guirec Soudée, en voilier autour du monde avec sa poule Monique

Guirec Soudée a 21 ans quand en 2014, il largue les amarres depuis le Finistère, dans sa Bretagne natale. Quelques années auparavant, il s’est acheté un bateau appelé Yvinec, du nom de la petite île où habite son père dans les Côtes-d’Armor. Son projet : “aller au bout du monde en voilier”. C’est à Ténérife qu’il rencontre Monique, la poule avec laquelle il va vivre l’une des plus belles aventures de sa jeune vie. Dans Le monde selon Guirec et Monique, il raconte son tour du monde à la voile en solitaire… Enfin avec sa poule !

Je suis parti fin novembre. A l’arrache. Juste après avoir peint “Yvinec” en lettres vertes d’un côté de la coque. Pas le temps de faire les deux. J’ai emporté le pochoir et le pot de peinture, j’arrangerai ça à la première escale. A la vue de mon rafiot, n’importe quel marin m’aurait dit : “Mais t’es fou, ne fais pas ça, c’est de l’inconscience ! Et il n’aurait pas eu tort. La vie est trop courte pour les regrets. Tout anticiper ne sert à rien, sauf à t’empêcher d’avancer. Autant attendre que les ennuis soient là pour les affronter.

Guirec Soudée, le monde selon Guirec et Monique.
Le monde selon Guirec et Monique – Editions Flammarion – Prix 19,90€

C’est avec les économies de son visa vacances travail en Australie que Guirec Soudée s’achète un bateau pour réaliser le rêve de sa vie. Avec son rafiot à peine armé pour faire une transatlantique, il naviguera vers les Caraïbes puis le pôle nord. A l’issue de ces long mois au Groenland, où l’on souffre avec lui dans ce bateau qui grince dans la glace, il écrit “Cent trente jours et six cents oeufs plus tard, nous quittons doucement ce qui fut notre enfer de glace, notre paradis blanc. Dans cette baie silencieuse, je laisse une partie de moi. Quelques mois à peine se sont écoulés pourtant je sens que quelques chose a changé. Je crois que j’ai trouvé ce que j’étais venu cherché : moi”.

Il traverse de nombreuses mers et passages chers aux plus grands des marins, comme Bernard Moitessier dont il lit le livre Le Cap Horn à la voile. Il passera donc, entre autres, le dangereux passage Nord-Ouest, les Quarantièmes et Cinquantièmes hurlants, le point Némo, le passage de Drake, entre le Cap Horn et l’Antarctique…

Au gré de ses longues traversées, de ses mouillages et de ses magnifiques rencontres comme celle de Raino en Alaska, il nous embarque dans son voyage en voilier, partage avec nous ses moments de complicité avec Monique, ses moments de peines comme celle de la mort de son papa, ses avaries multiples dans le Pacifique ainsi que ses moments de déception ou de solitude. Il partage aussi ses instants de joie et de fierté d’un jeune parti avec rien, voulant juste prouver à son père qu’on peut réussir sa vie différemment. En allant au bout de ses rêves.

J’ai eu des moments de découragement, de ras-le-bol, mais ça n’a jamais duré. Et je n’ai jamais eu peur de mourir. J’ai craint de perdre mon bateau, et c’était horrible, de perdre Monique aussi.

J’ai compris que je ne manquais ni de courage, ni de force. Avec la mort de mon père, j’ai appris ce que voulait dire “plus jamais”. J’ai affronté une nature hostile, des tempêtes, le froid, la glace, la neige, les échouages. Mais je suis allé jusqu’au bout, sans baisser les bras. C’est déjà pas mal.

Guirec Soudée

Mon avis sur le Monde selon Guirec et Monique

Quand il se lance dans son aventure, Guirec Soudée ne sait pas trop où celle-ci va le mener, surtout avec un bateau en piteux état, mais il est déterminé à aller le plus loin possible. Le marin breton nous embarque dans cette virée incroyable de 4 ans à la voile autour du monde avec les deux autres acteurs de l’aventure : Monique la poule et Yvinec le bateau. Que l’on soit passionné de voile ou pas, ce récit d’aventure original et étonnant de ce trio complice se lit facilement. Un livre écrit avec beaucoup de sensibilité et d’humour. Le voyage au long cours n’est pas qu’un long fleuve tranquille et c’est assez bien expliqué dans ce livre.

Les autres livres de voyage dans ma bibliothèque

Dans ma bibliothèque de voyage vous ne trouverez pas que des récits de voyageurs ou livres d’aventures, vous trouverez aussi des livres pour inspirer mes voyages en France ainsi qu’une quantité de beaux livres de voyage qui me tiennent compagnie quand je suis à terre ou en manque d’inspiration pour un week-end, des vacances ou un long voyage. Bientôt je vous ferai mes recommandations de livres d’aventurières et vous livrerai une liste de livres à lire avant de partir voyager seule.

Et vous, quelles sont vos lectures de voyage de prédilection ?

Note : cet article contient des liens d’affiliation. Quand vous achetez un livre via l’un de ces liens, je reçois une commission qui m’aide à vivre à l’heure où le secteur du tourisme est bien ébranlé par la pandémie liée au Coronavirus. Je connais vos réticences envers le géant américain, c’est pourquoi pour chaque livre je vous propose des alternatives françaises. Un grand merci de votre compréhension.

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription est confirmée.

Inscrivez-vous à la lettre d’Adeline

Et recevez chaque mois des idées d’évasion, des recommandations de livres, podcasts, musiques ou des bons plans exclusifs pour les abonnés

Ma sélection de livres et récits de voyageurs

Autres articles à découvrir

Laisser un commentaire