Cher Passeport, je t’aime mais je te quitte !

Mon passeport mes visas

Mon cher passeport,

Toi et moi vivons une relation passionnelle depuis ce jour d’avril 2005 où je suis allée te chercher à la mairie du 15ème arrondissement de Paris. Je savais depuis ce jour que notre amour ne serait que de courte durée. 10 ans max. Aujourd’hui, après un peu plus de 8 ans de vie commune, les visas et autres tampons se sont amassés sur tes pages et je n’ai plus le choix que de te dire adieu. C’est très égoiste de ma part d’anticiper cette séparation, je sais, mais le voyage est plus fort que tout. A cause de toi, je ne peux plus partir : notre amour est devenu impossible !

Pendant plus de 8 ans tu as été mon plus fidèle compagnon de voyage. Ensemble nous avons traversé les 5 continents, sans toi je n’étais rien. Après avoir découvert les plus beaux endroits de la terre sous l’angle d’une ceinture ventrale et autres coffres forts, tu vas maintenant rejoindre les placards de l’administration française et te faire des compagnons qui, je l’espère, auront connu d’aussi belles aventures que toi. Vous allez pouvoir vous raconter vos guerres. Tu leur diras combien notre tour du monde a été fantastique et combien je t’ai chéri pour qu’il ne nous arrive rien ! Et il ne nous ai rien arrivé. Pas de mauvaise blague. Je n’avais jamais la tête en l’air quand il s’agissait de toi !

A l’heure de notre séparation, je voulais garder un souvenir de nous, de notre vie commune. Je voulais te dire combien ça a toujours été un plaisir de te feuilleter à chaque fois que je reprenais la route. La lassitude que connaissent certains vieux couples ? Pas de ça entre nous ! Je garde sur ce blog la mémoire de ces années. Tous ces visas que tu collectionnes ont une place particulière dans mon coeur : celui de la Jordanie qui m’a permis d’entrer dans le pays où j’ai pris la meilleure décision de ma vie : prendre une année sabbatique. Celui de l’Inde qui m’a ouvert des portes insoupçonnées, celui de la Birmanie fait à Bangkok alors sous le feu des chemises rouges, le tampon de la Nouvelle Zélande qui me permit de rejoindre mes copines rencontrées quelques mois plus tôt ou encore celui du Chili qui me permit de poser les pieds en Amérique du Sud. Il y a aussi ceux du Machu Picchu, d’Ushuaia ou de la fin du monde aussi inutiles sur le papier qu’importants à mes yeux. Enfin je garde en tête le tampon de sortie du Brésil en date du 7 décembre 2011 qui marqua la fin d’une belle aventure commune…

Depuis nous avons vécu des histoires différentes mais tout aussi sympathiques. De backpackers, nous sommes devenus des flashpackers et tu sais quoi ? J’adore ça ! J’espère que tu as aimé retourner en Thaïlande, fêter le nouvel an à Dublin, découvrir les Fjords en Norvège, notre voyage en train au Canada. Récemment je t’ai même offert l’océan indien. Les Maldives, l’île Maurice… Certains y vont en lune de miel, pour nous c’était une très belle façon de nous dire adieu !

Pas de place pour la nostalgie ici. Une ère biométrique s’ouvre à moi et ça me met en joie ! Au revoir l’heure d’attente à 6h du matin à Charles de Gaulle. Bonjour Parafe ! L’idée de ne plus avoir à dire avec le sourire à l’agent de l’immigration qui me reçoit « Vous direz à votre chef qu’il faut mettre plus de personnel à 6h du matin ici » mais d’avoir affaire à une machine que je n’aurai pas à engueuler, ça me réjouit d’avance !

Allez bye mon Travel Buddy préféré. Je te dis adieu, sache que je ne t’oublierai jamais.

Bonne route.

Adeline.

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