3 septembre 2026
Week-end à Noirmoutier : 2 jours entre plages et marais
Découvrez Noirmoutier en un week-end : itinéraires à pied ou à vélo et bonnes adresses
Située à 1 heure de Nantes, la région de Challans, entre Gois et marais breton vendéen, offre de quoi se mettre au vert le temps d’un week-end. Je vous emmène tester la pêche à pied près du gois, vous balader de port en port sur la baie de Bourgneuf, découvrir la vie maraîchine dans un habitat typique du marais breton vendéen, et vous balader à Sallertaine, la seule cité labellisée « ville et métiers d’art » de Vendée.
Le marais breton vendéen est un coin où je vais parfois me promener pour observer les oiseaux. Situé dans les Pays de la Loire, à cheval sur les départements de la Loire Atlantique et de la Vendée, mais pour sa majorité en territoire vendéen, ce paysage de campagne s’étire vers l’est, des rives de la côte Atlantique aux terres de Challans et Sallertaine, jusqu’au sud aux portes de Saint-Gilles-Croix-de-vie
Après 2 jours à Noirmoutier, je quitte l’île par le passage du Gois, la manière la plus traditionnelle qui soit pour dire au revoir à l’océan. Fini l’esprit vacances balnéaire, place au repos au vert.
Le gois est une route submersible de plus de 4km reliant le continent à Noirmoutier. Classée site d’intérêt national et patrimonial, c’est la route submersible la plus longue d’Europe. On ne peut le traverser que 2 fois par jour seulement, à marée basse. Encore faut-il que ça tombe aux heures où on a envie de le traverser. C’est aussi un lieu bien connu dans la baie de Bourgneuf pour ramasser des mollusques et autres crustacées.
Jusqu’en 1971 et la construction du pont à Fromentine, emprunter le gois était la seule manière de rejoindre l’île de Noirmoutier depuis le continent. Le traverser est une expérience en soi, presqu’un art de vivre. Ici on croise les pêcheurs trainant leur canne à pêche sur le porte bagage de leur vélo, les pêcheurs d’un jour venant ramasser coques et autres palourdes à marée basse, et les touristes venant tester en aller/retour cette route submersible parce que c’est original.
J’ai vu d’autres chaussées submersibles en Europe, mais la plupart se traversent à pied. Il y a celle qui mène au Fort Louvois près de l’île d’Oléron, ou celle en Cornouailles anglaises qui mène au Saint-Michael’s Mount, le Mont-Saint-Michel local. Celle du havre de la Vanlée en Normandie se traverse en voiture, mais elle ne se recouvre que lors des grandes marées.
Passer le gois à marée basse, c’est sympa mais assister au lever ou au coucher du soleil à marée haute, c’est aussi une expérience inoubliable. Le soir où j’y suis allée, l’un était venu avec sa guitare, ses amis et l’apéro, les autres venus pour la tradition, et moi parce que c’est difficile de résister au coucher du soleil sur le gois quand on est dans le coin.
Mes conseils pour passer le Gois
La durée impartie pour passer traverser le gois dépend du coefficient de marée. Ce qu’il faut retenir, c’est que plus il est élevé, plus vous aurez de temps.
Traverser le gois n’est pas un jeu. Ayez toujours les horaires de marée accessibles, et ne tentez pas le diable sous peine d’être rattrapé par l’eau. Il n’est pas rare de voir des voitures piégées par la montée des eaux.
Ce qui me frappe quand j’emprunte ce gois, ce sont les dizaines de voitures garées sur le sable, et les centaines de personnes éparpillées dans la baie de Bourgneuf venues pêcher à pied sur l’estran. Chacun est équipé d’un grattoir, un petit panier et des bottes ou chaussons d’eau pour chercher les coques, palourdes, et autres couteaux. Vous vous rendrez vite compte que pieds nus, c’est pas possible. Trop de coquillages ou pierres qui peuvent vous blesser.
Ce jour-là, je devais rencontrer quelqu’un de l’APLAV, l’association de pêche Loisirs Atlantique Vendée, mais pour une question d’emploi du temps ça ne s’est pas fait. Ce que j’ai néanmoins retenu lors de ma petite balade auprès des pêcheurs du jour, c’est que la pratique est réglementée, notamment la taille des mollusques, les outils à utiliser, etc… Il y aussi une marnière responsable de pêcher. ça passe par avoir les bons outils, et surtout respecter l’environnement. L’estran est un milieu où vivent de nombreuses espèces, pas question de détruire leur éco-système.
Chaque été des initiations à la pêche à pied sont organisées par les offices de tourisme locaux. Renseignements sur Gochallansgois.fr
Mes conseils pour pêcher à pied au Gois (et de manière responsable)
Des petits ports de la baie de Bourgneuf, je connaissais le Port du Collet. Situé à cheval sur Boin en Vendée, et les Moutiers-en-Retz en Loire Atlantique, je vais m’y balader de temps à autres. Il se trouve en bordure du marais de Lyarne où, dès le printemps venu, on peut observer des Gorgebleue à miroir.
Des Moutiers-en-Retz au passage du Gois, la côte est parsemée de 5 petits ports. Il sont aussi appelés « petits ports chinois » en raison de l’architecture de leurs pontons de bois sur pilotis, typique en Asie, permettant d’accéder aux bateaux à marée haute. Ils sont colorés et gardent le caractère traditionnel et authentique du XVIIIè lorsqu’ils servaient pour le commerce du sel. Aujourd’hui ce sont surtout des ports ostréicoles ou de plaisance.
15 kilomètres séparent le port du Collet au nord, du port du Bec au sud. Entre temps vous passerez par le port des brochets (le moins traditionnel de tous), le port des champs et le port de la Louippe. Ce jour-là je me suis baladée entre ces deux ports.
Le port des champs est le plus ancien port de la baie de Bourgneuf. Aujourd’hui on vient surtout s’y balader pour ses cabanes ostréicoles où déguster des huîtres. Au fond du port se trouve une énorme écluse au niveau du pont. Elle permet de réguler l’eau dans les marais en cas de forte marée.
Le port des champs est très photogénique et mérite un petit détour ! Il y a même un distributeur de bourriches d’huîtres si les cabanes de dégustation sont fermées.
Le port de la Louippe est plus sauvage. Ici, des pêcheries sont installées le long des étiers (des canaux qui relient la mer aux marais). On y pêche avec un grand filet, appelé carrelet, que l’on plonge dans l’eau, et que l’on remonte à l’aide d’une poulie en espérant avoir un peu de poisson de dans. Ces pêcheries sont privatives.
Comme les petits ports, cet endroit est assez photogénique, surtout quand il n’y a pas de vent. Les pêcheries se reflètent alors dans les canaux.
Information et conseils à garder sous la main :
Ces petits ports sont reliés les uns aux autres par le GR®8, le sentier de randonnée de la côte Atlantique allant de Saint-Brévin-les-Pins à Hendaye. On peut l’emprunter à pied, à vélo (la velodyssée) et même en trottinette. Attention toutefois, il n’y a pas d’arbres, et donc pas d’ombre. Si vous le parcourez en été, pensez à prendre l’eau, un chapeau ou une casquette, et de la crème solaire pour éviter l’insolation.
De la Vendée on connait bien la côte, ses plages, Noirmoutier et l’île d’Yeu. On connait un peu moins la vie des champs et des marais. Et pourtant, il s’y cache quelques pépites.
Le marais breton vendéen s’étend sur 35 000ha, de Boin au nord à Saint-Gilles-Croix-de-vie au sud. C’est sa partie nord que j’ai découverte lors de ce séjour. Le marais offre un panorama assez étrange, très authentique. C’est un dédale de canaux au milieu desquels se trouvent des plaines agricoles. J’aime surtout m’y perdre pour observer les faune locale.
C’est une zone classée natura 2000 où on peut y observer plus de 200 espèces d’oiseaux. Lors de mes différentes balades, j’ai pu voir des faucons crécerelles, des ibis falcinelles, et des gorgebleue à miroir au printemps. On peut aussi voir des cigognes dès le mois de février à l’observatoire de Chateauneuf. Elles étaient un peu loin pour les photos ce jour-là, il faisait trop chaud, elles se cachaient.
Voici quelques photos issues de différentes sorties faites dans le marais :
La Bourrine à Rosalie est une habitation traditionnelle du marais breton vendéen, dit Marô en patois local. Restée dans son jus à la mort de Rosalie en 1971, ce patrimoine est entretenu par une association. Elle organise des visites guidées d’avril à septembre, et une fête en costumes d’époque mettant à l’honneur les vieux métiers du marais.
Ici on est au coeur du pays maraîchin, un territoire agricole autrefois assez pauvre où les habitations étaient fabriquées de bric et de broc. Ses murs en torchis sont recouverts de chaux, et son toit de chaume est fabriqué avec les roseaux du marais. Si en été le cadre en bordure de l’eau est assez pittoresque, avec les canards dans le jardin et le linge qui sèche le long du canal, en hiver la maison est inondée car elle se trouve au-dessous du niveau de la mer.
A l’intérieur de la bourrine, la pièce de Rosalie montre l’extrême pauvreté dans laquelle vivait cette dame. Une autre pièce est dédiée à l’art de vivre dans les marais pour les personnes plus aisées. Cette maison est un témoin indispensable pour expliquer la vie locale aux XIX et XXè siècles. Un film, pas très récent, sur la vie dans les marais à l’époque, passe en boucle sous un établis situé à l’arrière de la maison.
Informations pratiques :
Sallertaine est un joli village labellisé « ville et métiers d’art », le seul en Vendée. Situé sur une ancienne île, tout ici tourne autour de la création, sous toutes ses formes. En me baladant, j’ai poussé la porte d’une aquarelliste, d’une céramiste, et d’une brodeuse d’art. Vous entrez littéralement dans leur atelier, c’est assez magique.
Le village est organisée autour de son église romane construite au XIIè siècle, qui elle aussi accueille des expositions d’artistes de la région. C’est un village très original qui vit à l’année, où vous-même vous pouvez tester votre âme d’artiste lors d’un atelier. Vous préférez la mosaïque, le soufflage de verre ou la vannerie ?
Lors de ces deux jours dans le marais, j’ai dormi Au cocon de verdure, la chambre d’hôte de Stéphanie située en pleine nature vers Chateauneuf. Ce jardin refuge LPO ne pouvait pas mieux que convenir au thème de ce voyage.
Stéphanie propose deux chambres, dont une avec une petite cuisine. C’est dans celle-ci que j’ai dormi. Entièrement réalisée avec goût par son mari Laurent, on s’y sent bien. La terrasse orientée sud avec vue sur la nature est vraiment chouette. Pour un week-end au vert il n’y a pas mieux. Ambiance chant des oiseaux et croassements de grenouilles.
Stéphanie et Laurent ont le sens de l’accueil, et l’envie de vous faire découvrir leur région et ses spécialités. Au petit déjeuner, vous pourrez goûter les fromages, gâteaux, et autres jus produits dans les environs. Ils délivrent aussi de bons conseils pour visiter la région, des terres à la mer. C’est un hébergement que je recommande pour se mettre au vert dans le marais breton vendéen.
Informations pratiques :
L’Ecume gourmande est une très belle adresse gastronomique à Boin. La terrasse située dans un écrin de verdure est le décor idéal pour découvrir toute la créativité du chef. De l’entrée au dessert, il a à coeur de faire découvrir à ses hôtes les produits frais de Vendée.
Je me suis régalée, aussi bien au niveau des papilles que des pupilles. Si vous venez dans la région, c’est la bonne table à réserver.
Informations pratiques :
Voici la liste de mes incontournables autour du Gois et du marais breton vendéen, et un peu plus loin en Vendée :
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